On sait enfin de manière scientifique pourquoi les personnes qui ont peur des maths ont tendance à les éviter

Une recherche menée par Jalisha Jenifer, doctorante à l’Université de Chicago (UChicago) et Kayoung Whan Choe, chercheur postdoctorale, prouve que plus une personne est terrifiée par les mathématiques, plus elle s’abstient de s’y confronter. Un phénomène appelé l’anxiété des mathématiques.

C’est donc la première fois qu’une étude scientifique se penche sur la raison pour laquelle les personnes « mathématiquement anxieuses » évitent les calculs, surtout les plus complexes dans la vie quotidienne.

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Cette étude, dont les conclusions ont été publiées la semaine dernière dans Sciences Advances, démontre également que cet évitement des maths est constaté même si la résolution des calculs compliqués pourrait permettre de gagner beaucoup d’argent.

Face aux maths, plus c’est facile, mieux c’est

L’étude a été réalisée avec la participation de cinq cents personnes dont les tranches d’âges sont comprises entre dix-huit et trente-cinq ans. Les chercheurs ont ainsi demandé aux participants de résoudre des problèmes mathématiques « faciles » ou « difficiles » tout en utilisant un logiciel spécifique, le CAST (Choose And Solve Task).

Les chercheurs ont pu constater que les intervenants ont tendance à choisir les problèmes faciles, mais avec des récompenses moins onéreuses par rapport aux opérations complexes, mais avec des récompenses plus élevées à la clé.

De plus, la tendance est reproduite, même si les participants savaient qu’avec l’aide de l’ordinateur, ils seraient à même de résoudre 70% des cas plus complexes.

 « Être anxieux en maths n’est pas un sous-produit d’être mauvais »

Selon Beilock : « Les gens disent souvent qu’être anxieux à propos des mathématiques n’est qu’un sous-produit d’être mauvais. Nos recherches montrent que ce n’est pas vrai, même lorsque des personnes angoissées par les mathématiques sont capables de faire des mathématiques, elles l’évitent ».

Un autre membre de l’équipe rajoute que : « Demander aux gens de choisir entre des problèmes faciles, peu rémunérateurs ou difficiles était un excellent moyen de voir comment les personnes anxieuses en mathématiques pourraient prendre des décisions sous-optimales pour éviter les mathématiques dans leur vie de tous les jours ».

Cette étude permettrait alors, selon les chercheurs, de cibler les efforts pédagogiques destinés aux élèves pour leur faire prendre plus goût aux mathématiques, et d’ainsi travailler sur «  la manière de réduire l’anxiété liée aux mathématiques », pour qu’une fois adultes, ils sachent prendre des décisions plus rémunératrices.