On sait enfin d’où vient le mystérieux son entendu à l’intérieur de la Terre

La Terre se trouve au centre de l’attention de la communauté scientifique. Mais si les processus se déroulant à sa surface ou dans son atmosphère sont ainsi faciles à étudier, il en va tout autrement pour ce qui se déroule dans les profondeurs terrestres, là où aucune sonde ne peut se rendre.

En 2018, des chercheurs ont donc utilisé des instruments pour écouter les entrailles de la Terre et ils ont alors repéré un étrange bourdonnement venant des profondeurs de la planète.

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Un bourdonnement impossible à expliquer. Du moins pas à l’époque.

Quand la Terre bourdonne sans raison apparente

Plusieurs chercheurs se sont effectivement réunis afin de tenter de faire toute la lumière sur ce mystérieux bourdonnement.

L’équipe, composée de Simone Cesca , Jean Letort, Hoby NT Razafindrakoto, Sebastian Heimann, Eleonora Rivalta, Marius P. Isken, Mehdi Nikkhoo, Luigi Passarelli, Gesa M. Petersen, Fabrice Cotton et Torsten Dahm a publié un rapport complet sur leurs résultats dans la revue Nature GeoScience.

Un rapport que vous pouvez consulter à cette adresse.

Pour tenter de lever le mystère, les chercheurs ont cherché à mettre ce bourdonnement en relation avec les événements géologiques majeurs détectés à l’époque tout autour du globe terrestre. Ils ont alors réalisé que le son coïncidait avec un pic d’activité sismique repéré dans l’océan Indien, non loin de l’île de Mayotte.

L’équipe a donc concentré tous ses efforts sur cet événement, en récoltant le maximum de données à son sujet. L’initiative a porté ses fruits et les chercheurs ont réalisé que l’île s’était enfoncée d’environ six pouces – soit une quinzaine de centimètres – durant l’événement.

Un bourdonnement provoqué par la naissance d’un volcan sous-marin ?

À leurs yeux, ces événements témoignent de la naissance d’un volcan sous-marin extrêmement massif. Ce que semblent corroborer les données sismiques de l’époque puisque l’on a recensé pas moins de sept mille tremblements de terre et 407 signaux sismiques provoqués par le mouvement des plaques tectoniques dans la région.

Les chercheurs ont ensuite analysé les cartes du fond marin. En les comparant avec celles remontant à plusieurs mois avant l’incident, ils ont pu prouver l’existence de ce nouveau volcan, un volcan qui s’étend à environ 800 mètres au fond de l’océan.

Ces chiffres sont naturellement à prendre avec les pincettes habituelles, mais les chercheurs pensent qu’environ 1 km3 de magna aurait été drainé à partir d’un réservoir de 10 à 15 km de diamètres et à 25 à 35 km de profondeur.

Mots-clés géologie