On sait enfin pourquoi certaines personnes pensent que la Terre est plate

Les “flat earthers”, ceux qui croient que la Terre est plate, mais aussi les personnes qui nient les changements climatiques ou l’Holocauste, campent sur leurs positions malgré les preuves évidentes qui les contredisent. C’est à se demander si ces personnes vivent dans le même monde que nous. Et bien, une nouvelle étude pense savoir pourquoi elles agissent de la sorte.

D’après cette étude, le sentiment de certitude chez les personnes qui apprennent de nouvelles choses ou qui essaient de distinguer le vrai du faux, est provoqué non pas par des preuves tangibles, mais plutôt par un phénomène de rétroaction (le retour d’informations).

Terre Plate

Une expérience très révélatrice

La nouvelle étude a été menée par des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley. À travers une expérience menée sur des volontaires, ils ont découvert que contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas la logique, le raisonnement et les données scientifiques qui confortent la croyance des gens. Mais c’est plutôt les réactions positives ou négatives qu’ils reçoivent en réponse à une opinion, à une tâche ou à une interaction qui sont plus susceptibles de renforcer leurs croyances.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont mené des expériences à l’Université de Rochester, à New York, impliquant plus de 500 adultes recrutés en ligne sur la plateforme de crowdsourcing Mechanical Turk d’Amazon. Les participants devaient regarder 24 formes colorées différentes sur un écran, ensuite ils devaient dire lesquelles des formes colorées étaient des “Daxxy” (un objet imaginaire inventé par les chercheurs dans le cadre de l’expérience). Sauf que les participants ne savaient pas à quoi ressemblait un “Daxxy”, ils devaient donc répondre à l’aveugle.

À chaque réponse, les chercheurs faisaient des commentaires sur la réponse du participant, et il devait noter à chaque fois s’il était certain ou non de sa réponse. L’expérience a montré que les participants ont toujours fondé leur certitude sur les quatre ou cinq dernières hypothèses, plutôt que de s’appuyer sur toutes les informations collectées tout au long de l’expérience.

Des résultats qui en disent long sur nous

En examinant ainsi ce qui influence la certitude des gens lorsqu’ils apprennent, les scientifiques ont découvert que la confiance des participants à l’étude était basée sur leur performance la plus récente, au lieu des résultats accumulés à long terme.

“Ce qui est fascinant c’est qu’ils pouvaient se tromper sur les 19 premières suppositions de suite, mais dès que les cinq derniers étaient justes, ils devenaient très confiants”, a déclaré le directeur de l’étude, Louis Marti, un doctorat en psychologie à l’UC Berkeley. “Ce n’est pas qu’ils ne faisaient pas attention, ils apprenaient à connaître ce qu’est un Daxxy, mais ils n’utilisaient pas la plupart de ce qu’ils avaient appris pour forger leur certitude.”

“Si vous pensez en savoir beaucoup sur quelque chose, même si ce n’est pas le cas, vous risquez d’être moins curieux d’explorer le sujet plus en profondeur, et vous ne saurez pas à quel point vous en savez peu sur la question.”, ajoute Mati.

Un phénomène naturel mais négatif

Cette étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Open Mind, nous permet de comprendre un peu plus comment certaines personnes arrivent à penser que la terre est plate, en dépit des nombreuses preuves évidentes qui les contredisent. Elle montre aussi comment certaines mauvaises habitudes d’apprentissage peuvent limiter notre horizon intellectuel.

Ce comportement cognitif peut se manifester dans tous les domaines de la vie réelle et virtuelle, que ce soit dans la façon dont nous percevons les informations dans notre vie de tous les jours, ou sur les médias sociaux. Cela montre aussi par exemple comment les charlatans arrivent à duper certaines personnes si facilement. Alors, faites gaffe aux fausses croyances !

Mots-clés psychologie