On sait pourquoi les hommes ont perdu l’os de leur pénis

L’évolution a fait de nous des êtres à part. Tenez, par exemple contrairement aux singes, l’homme est dépourvu d’os pénien et personne n’a été en mesure d’expliquer pourquoi. C’est précisément ce qui a poussé une équipe de plusieurs chercheurs britanniques à se lancer dans une fascinante enquête à travers notre histoire et notre passé.

Le baculum, c’est le nom scientifique utilisé pour désigner l’os pénien, est présent dans le pénis de nombreux mammifères. Les singes ne sont pas les seuls à en être équipés. Les rongeurs en sont aussi pourvus, de même pour les ursidés, les canidés ou même les félidés.

Os Pénien

Si l’homme n’a plus d’os pénien, c’est avant tout à cause de sa sexualité.

Contrairement aux os habituels, le baculum n’est pas attaché au reste du squelette et il se développe ainsi directement dans le tissu mou du pénis.

Le baculum, un os pas comme les autres

Son utilité ? Il permet tout simplement au pénis du mâle de tenir plus longtemps durant l’accouplement. Chez certaines espèces, il a aussi pour mission de provoquer des douleurs chez la femelle pour la pousser à contracter les muscles de son vagin, et donc à provoquer l’orgasme du mâle.

La taille de cet os varie bien évidemment en fonction des espèces. Chez le ouistiti, par exemple, l’os pénien mesure en moyenne deux millimètres. Le galago est un peu mieux équipé pour sa part puisqu’il est pourvu d’un baculum de 13 millimètres de long environ.

Le morse est le champion toute catégorie, avec un os pénien de… 63 centimètres de long. En effectuant des fouilles, des paléontologues ont même trouvé le squelette d’une ancienne espèce de morse dotée d’un os pénien de 1,4 mètre.

Tous les mammifères ne sont pas équipés d’un tel os cependant. Les cétacés en sont dépourvus, par exemple, de même pour les plus grands des herbivores et… pour les hommes.

Christopher Opie et Matilda Brindle, deux scientifiques britanniques, ont voulu comprendre pourquoi les hommes étaient dépourvus d’os pénien. Ils se sont donc lancés dans une vaste enquête et cette dernière leur a permis de développer une thèse très intéressante.

Une histoire de sexualité

Ils pensent en effet que la disparition de l’os pénien de l’homme serait due à sa sexualité, et plus précisément à l’apparition de la monogamie.

D’après eux, la morphologie des espèces serait en partie soumise au processus de sélection naturelle. Une thèse défendue par de nombreux scientifiques, et notamment par Simmons et Firman. Ces derniers avaient en effet conduit une expérience assez poussée sur le baculum et ils s’étaient alors rendu compte que les espèces de souris soumises à une forte pression sexuelle (rapports nombreux et fréquents) avaient tendance à développer un os pénien plus dense sur 27 générations.

A contrario, les souris moins exposées à ce processus de sélection sexuelle ont rapidement vu la taille de leur baculum diminuer au fil des générations.

En devant monogame, l’homme aurait donc été moins exposé à la pression sexuelle et ce serait précisément pour cette raison que la taille de son os pénien aurait fini par décroître… pour disparaître totalement au bout de plusieurs générations.

L’étude complète se trouve à cette adresse.