OnlyFans prouve que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même

Vers la mi-août, les travailleurs du sexe d’OnlyFans ont eu un choc lorsque le site a annoncé son plan d’interdire les contenus pour adulte. Mais heureusement pour eux, la décision a été suspendue 5 jours plus tard. En tout cas, il s’agit d’un événement qui montre que l’industrie du sexe sur Internet n’est pas du tout un secteur stable.

Un problème du même genre était déjà survenu en 2018 lorsque le site Backpage.com a fermé, un événement qui prouve que les plateformes utilisées par les travailleurs du sexe peuvent disparaitre sans prévenir. Le risque est grand pour les milliers de personnes qui s’appuient sur ces sites pour vivre. Avec l’existence des contenus illégaux incluant des mineurs ou des relations non-consensuelles, beaucoup de sites sont aujourd’hui menacés de censure, ce qui ne présage rien de bon pour les travailleurs du sexe.

Crédits Pixabay

Avec cette instabilité des plateformes de contenus pour adulte, beaucoup de travailleurs du sexe pensent actuellement à trouver d’autres moyens de gagner de l’argent, certains pensent même à créer leur propre plateforme. Par exemple, Lena, une créatrice de contenus pour adulte, a déclaré qu’elle connait personnellement beaucoup de travailleurs du sexe qui sont en train de mettre sur pied leur propre site web. Leur but selon elle est de s’assurer que leurs contenus soient accessibles sur plusieurs plateformes, et ils se concentrent également sur comment protéger leur source de revenus si l’une des plateformes disparait.

A lire aussi : OnlyFans mêlé malgré lui à une affaire de meurtre

Plusieurs défis à relever

Même si l’idéal pour un travailleur du sexe sur le web est d’avoir son propre site, il y a tout de même des difficultés à résoudre avant de pouvoir y arriver. Selon Lena, le défi est de trouver un site qui va héberger des contenus pour adulte. La plupart des sites ne nécessitant pas de connaissances avancées en programmation ne veulent pas travailler dans la pornographie.

A part cela, lorsque le site sera établi, il faudra que le propriétaire travaille dur pour qu’il soit connu. Lena explique que cela nécessite des connaissances en marketing, mais que les travailleurs du sexe sont des experts en la matière. Toutefois, un site nécessite du temps et des ressources. Il faudra investir du temps et de l’argent, et c’est peut-être trop pour quelqu’un qui veut seulement avoir de quoi vivre et qui a déjà des difficultés financières.

Vixen Temple, une travailleuse du sexe d’Aotearoa en Nouvelle-Zélande, indique de son côté qu’elle aimerait bien construire son propre site, quelque chose qui ressemblerait à OnlyFans avec un accès payant où ses services seront facilement accessibles. Cependant, elle s’inquiète en ce qui concerne le moyen de paiement. Selon elle, VISA et PayPal ne sont « pas des amis du sexe ». S’ils détectent quelque chose ayant avoir avec des services sexuels payants, ils vont tout de suite le bloquer. Il faut ainsi, selon elle, qu’ils trouvent d’autres moyens pour recevoir l’argent du client.

En plus de cela, il y a également les lois FOSTA, ou Fight Online Sex Trafficking Act, et SESTA, ou Stop Enabling Sex Traffickers Act, qui ont été adoptées en 2018. Ces lois permettent de rendre les plateformes responsables s’il y a des contenus se rapportant au trafic sexuel. Cela n’a pas du tout encouragé les banques et les plateformes de paiement à travailler avec des sites hébergeant des contenus pour adulte.

A lire aussi : OnlyFans : une créatrice arrêtée pour des contenus épicés

Les avantages d’avoir son propre site

Bien qu’il soit ainsi assez difficile de créer son propre site, beaucoup de travailleurs du sexe sont aujourd’hui en train de se détacher des plateformes centralisées et gagner plus d’indépendance.

D’après Kezia Slater, qui travaille dans le secteur depuis maintenant 8 ans, elle espère créer son propre site avec une newsletter par e-mail dans les mois qui viennent. C’est pour elle le moyen d’avoir plus de stabilité, mais cela fonctionne uniquement si l’on a déjà un trafic pour attirer les gens. Elle pense ainsi créer plus de contenus non pornographiques pour les plateformes comme Twitch, TikTok ou YouTube afin d’attirer plus de monde.

Pour Allie Awesome, qui travaille dans l’industrie du X depuis 9 ans, l’important c’est la diversification. Elle explique que les plateformes comme PornHub et OnlyFans leur a appris que les plateformes subissent des attaques et que pour survivre, on doit être souple. Elle construit ainsi son propre site pour que ses fans puissent la trouver et pour qu’elle ne s’inquiète pas de perdre son compte.

En tout cas, même si l’on commence à douter des grosses plateformes comme OnlyFans, beaucoup choisissent encore de les utiliser tout en restant prudents. Certains autres ont décidé d’utiliser des sites concurrents comme Fansly ou encore ePlay, mais il s’agit toujours de plateformes centralisées, donc de plateformes à risque.

Mots-clés onlyfans