ONU : Antonio Guterres avertit les gouvernements de ne pas profiter de la crise sanitaire de coronavirus pour porter atteinte aux droits de l’homme

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a mis les points sur les « i » avec les gouvernements mondiaux dans un rapport de l’ONU publié le jeudi 23 avril 2020. Selon Reuters, qui a relayé l’information, Antonio Guterres a effectivement prévenu les dirigeants de ne pas se servir du coronavirus comme excuse pour adopter des mesures répressives et porter atteinte aux droits de l’homme.

Sans mentionner aucun gouvernement en particulier, Guterres a souligné que même si le virus ne fait pas de discrimination, ses effets le font et que la réponse de chaque pays face à cette crise sanitaire devrait toujours être guidée par le respect des droits de chaque personne. Il précise même :

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Nous voyons les effets disproportionnés sur certaines communautés, la montée des discours de haine, le ciblage des groupes vulnérables et les risques de réponses de sécurité musclées sapant la réponse sanitaire.

Des dirigeants profiteraient de la crise pour prendre des mesures sans rapport avec la maladie

D’après le bilan de Reuters, le coronavirus a déjà infecté 2,57 millions de personnes dans le monde, tuant 178.574 personnes au passage. Pour rappel, ce virus s’est propagé à partir de la ville chinoise de Wuhan vers la fin de l’année 2019. L’ONU précise d’ailleurs dans son rapport que les migrants et les réfugiés font partie des personnes vulnérables et qu’actuellement, plus de 131 pays ont fermé leurs frontières et que seuls, 30 pays ont autorisé des exemptions pour des demandeurs d’asile.

Pour Antonio Guterres, cette situation est « inacceptable » et il dévoile ses préoccupations quant au fait que :

Dans le contexte de l’ethno-nationalisme, du populisme, de l’autoritarisme et d’une répression des droits de l’homme dans certains pays, la crise peut fournir un prétexte pour adopter des mesures répressives à des fins sans rapport avec la pandémie.

« La menace est le virus, pas les gens »

A cet effet, le secrétaire général de l’ONU appelle les gouvernements à faire preuve de transparence, de réactivité et de responsabilité. Il a également souligné que l’espace civique et la liberté de la presse sont à un point « critique ». Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé qu’avec cette crise de coronavirus, le monde pourrait bien connaître un ralentissement plus prononcé depuis la Grande dépression des années 1930.

Malgré tout, Antonio Guterres réitère que :

La meilleure réponse (à cette crise sanitaire) est celle qui répond proportionnellement aux menaces immédiates tout en protégeant les droits de l’homme et l’état de droit. Dans tout ce que nous faisons, n’oublions jamais : La menace est le virus, pas les gens.