OpenStreetMap trafiqué à l’avantage de la Chine

OpenStreetMap est l’un des grands concurrents à Google Maps. Entièrement libre, la solution a su trouver sa place sur le marché et elle est utilisée dans bon nombre de services d’applications. Et il semblerait qu’elle intéresse aussi les soutiens politiques de la Chine.

En analysant les données cartographiques de la plateforme, un féru de cartographie a en effet découvert qu’un mystérieux contributeur de la solution modifiait certains lieux pour avantager la Chine.

Image par Free-Photos de Pixabay
Image par Free-Photos de Pixabay 

Une histoire rapportée par le site Rest of World en mars dernier.

Quand OpenStreetMap se trouve au coeur d’enjeux politiques

Si l’on en croit nos confrères, tout a commencé avec un article du New York Times, un article expliquant comment la Chine avait construit un village le long de la frontière avec le Bhoutan.

Nick Doiron se passionne depuis longtemps pour la cartographie et il est l’un des nombreux contributeurs au projet Open Street Map. Après avoir lu l’article du Times, il s’est donc connecté à son compte pour soumettre les modifications nécessaires.

Et c’est alors qu’il a fait une bien étrange découverte. En zoomant sur la zone, il a en effet découvert que le village apparaissait déjà, et qu’il avait été intégré à OpenStreetMap avant même que ne soit paru l’article du Times et que la nouvelle ne soit rendue officielle.

Plus surprenant, la carte était en plus extrêmement détaillée :

“Ils ont cartographié les contours des bâtiments. Je ne sais pas comment ils auraient pu avoir ce type d’information spécifique.”

Nick Doiron – Rest of World

Une histoire de village et de frontières redessinées

Il avait plus cependant. En fouillant, Nick a réalisé que toutes ces modifications avaient été faites par la même personne, une personne dont le pseudonyme voulait dire, en argot chinois, “Ta mère est morte” et qui était lié à un label de rap chinois.

En accédant à la fiche du contributeur, il a alors réalisé que ce dernier avait pour principale motivation “la sauvegarde et la souveraineté nationale, de l’unité et de l’intégrité territoriale”. Un contributeur très engagé sur le plan politique, donc, et qui semblait pleinement soutenir la politique chinoise.

Intrigué, Nick a donc poussé plus loin ses investigations et il a commencé à passer en revue toutes les modifications faites par ce mystérieux utilisateur. Et c’est alors que l’affaire a pris une toute nouvelle tournure. La plupart de ces modifications portant sur la frontière chinoise, et plus précisément sur les territoires contestés.

Les limites du participatif

Comme les îles Spratly, par exemple, un archipel qui a été jugé comme ne faisant pas partie du territoire de la Chine, mais qui était décrit comme tel dans OpenStreetMap.

Nick, de son côté, n’a pas été plus surpris que cela. Le collaboratif a en effet ses limites et ce n’est pas la première fois que des utilisateurs partisans d’un pays ou d’une puissance politique cherchent à influencer les internautes en modifiant des cartes.

Wikipédia fait d’ailleurs face aux mêmes problèmes et il arrive ainsi souvent que les fiches de certaines personnalités politiques soient modifiées ou enjolivées par leurs partisans. Les équipes de la fondation ont beau veiller au grain, la tache reste difficile.

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