Orwell, un nouvel outil de surveillance en Russie

Pour soutenir son programme de numérisation, la Russie va mettre en place un outil de reconnaissance faciale baptisée Orwell dans toutes les écoles du pays. Une initiative qui n’échappe pas aux critiques.

L’information a été publiée par le quotidien économique russe Vedomosti. Comme le rapportent nos confrères de The Next Web, en Russie, environ 43 000 établissements scolaires seront équipés de caméras de reconnaissance faciale. À travers le programme Orwell, les autorités espèrent pouvoir améliorer la sécurité des enfants en surveillant leurs mouvements. Les vingtaines de caméras installées dans chaque école permettront aussi d’identifier les étrangers sur place. À l’heure actuelle, le système est déjà opérationnel dans plus de 1600 établissements scolaires. À terme, il pourrait être utilisé pour prendre les présences, surveiller les heures de travail des enseignants et améliorer l’enseignement à distance.

Crédit : Cole Stivers – Pixabay.com

À noter qu’Orwell est basé sur des algorithmes capables d’identifier des cibles à partir de flux d’imagerie vidéo et thermique.

Un projet à plus de 20 millions de dollars

L’algorithme en question a été développé par Elvees Neotech. Cette filiale de l’entreprise d’État Rusnano aurait déjà fourni 28 000 caméras, chacune coûtant 10 000 roubles, soit l’équivalent des 130 euros. En parlant de cela, sachez que la Russie a constitué un fonds spécial dont le montant s’élève à 25,4 millions de dollars pour financer le projet.

D’après ses créateurs, Orwell nécessite le consentement des parents et des enfants avant de pouvoir être activé. D’ailleurs, pour éviter les risques de fuite, les bases de données du système seraient stockées localement.

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Un programme qui ne fait pas l’unanimité

En dépit de ces révélations, les avis sur le projet semblent très mitigés. En effet, l’une des entreprises participant à sa mise en œuvre, NTechLab, a déjà déployé une technologie de reconnaissance faciale à Moscou pour identifier les criminels à travers un réseau de près de 200 000 caméras de surveillance. Une technologie qui a été largement pointée du doigt pour des raisons liées au respect de la vie privée de la population. Des manifestations ont même eu lieu dans la capitale russe en guise de protestation.

De son côté, Vladimir Poutine n’a pas caché son soutien pour Orwell qui fait partie de son ambitieux programme de numérisation de la Russie. Le locataire du Kremlin prévoit à cet effet de dépenser 25 milliards de dollars pour développer l’économie numérique de son pays.