Où l’on parle également de malnutrition chez les insectes

La pollution due aux combustibles fossiles, et qui produit du CO2 principalement, ne nuit pas qu’à l’atmosphère. En effet, même si le taux particulièrement élevé de CO2 dans l’atmosphère favorise la croissance des plantes, ces dernières deviennent moins nutritives.

Pour arriver à ces conclusions, des chercheurs en écologie ont travaillé sur des populations de sauterelles dans une prairie du Kansas. Et ils ont trouvé que plus la pollution s’accroît, plus la teneur des plantes en azote, en phosphore ou en sodium diminue en conséquence, exposant les insectes qui y vivent à une malnutrition généralisée.

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Et cette malnutrition est une importante cause de la baisse généralisée de la population d’insectes de cette prairie. Les chercheurs ont ainsi pu montrer que la population totale de 40 espèces de sauterelles connaît une diminution annuelle de 2 %. Ce qui fait qu’au cours des 20 dernières années, 1/3 de la population totale des sauterelles de la prairie a disparu.

L’hypothèse de la dilution des nutriments due à l’augmentation du CO2

Depuis toujours, les écologistes ont appuyé que l’utilisation des pesticides et la diminution d’habitats indigènes fussent les origines de la diminution du nombre d’insectes phytophages. Mais à présent, ces chercheurs avancent également que l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère qui rend les plantes moins nourrissantes est aussi une cause de cette disparition.

Le phénomène est appelé la « dilution des nutriments ».

Depuis le début des années 80, des chercheurs collectent des données de la faune et de la flore de la prairie de Konza, un site de recherche situé dans le nord-est du Kansas et financé par la NSF (National Science Foundation). Par le biais de ces données, les chercheurs ont trouvé que sur un cycle de 5 années, le nombre de sauterelles variait selon les changements climatiques.

Et les données récoltées ont permis de mettre en évidence l’impact majeur de la croissance du taux de CO2 dans le déclin de la population d’insecte.

Les chercheurs veulent en savoir davantage, mais manquent de données

Les informations concernant ces nouvelles hypothèses sont bien loin d’être complètes. Pour citer les chercheurs, « nous ignorons par exemple l’étendue de la malnutrition des insectes à l’échelle mondiale. Nous ignorons également quels insectes seront les plus touchés par cette malnutrition ».

Et même si les insectes constituent la majeure partie des espèces animales, les chercheurs ne sont pas en mesure de donner des estimations de base concernant les diverses populations d’insectes.

Mais ce qui est sûr, c’est que la malnutrition due à l’augmentation du niveau de CO2 « affectera négativement l’écosystème dans son ensemble », car les insectes sont des membres importants pour son bon fonctionnement.