Un pansement activé par un plasma froid pour traiter les blessures chroniques

Les personnes atteintes de diabète souffrent souvent d’ulcère au niveau du pied. Selon les statistiques, environ 60 % des diabétiques présentent des ulcères infectés qui deviennent des plaies chroniques au fil du temps, à cause de la mauvaise cicatrisation.

Pour traiter les plaies chroniques, il est important de contrôler l’infection et de stimuler la guérison. Les traitements actuels consistent à utiliser des antibiotiques ou des pansements imprégnés d’argent antimicrobien. Cependant, la toxicité potentielle de l’argent ainsi que la résistance aux antibiotiques constituent une limite non négligeable à ces traitements.

Pansement
Crédits 123RF.com

Afin de résoudre le problème, des scientifiques de l’Université d’Australie du Sud (Uni SA) ont mené des recherches sur le développement d’une nouvelle technologie pour contrôler l’infection et stimuler la guérison. Il s’agit d’un hydrogel activé avec un gaz ionisé par plasma froid.

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Un nouveau pansement à l’hydrogel

L’action du gaz ionisé par plasma froid sur la cicatrisation des plaies a déjà été démontrée lors de précédentes études. En effet, ce gaz permet de réduire la charge bactérienne et de générer des espèces réactives d’oxygène et d’azote (RONS), notamment en activant les molécules d’oxygène et d’azote qui se trouvent dans l’air ambiant.

Selon les explications d’Endre Szili, co-auteur de l’étude, la thérapie par hydrogel activé par le plasma (PAHT) a fourni récemment des résultats encourageants. Ils ont toutefois été confrontés au problème qui consiste à charger les hydrogels avec des concentrations suffisantes de RONS pour une utilisation clinique. Pour faire face à ce défi, ils ont utilisé une nouvelle méthode électrochimique pour améliorer l’activation de l’hydrogel.

Dans la nouvelle étude, l’hydrogel a été fabriqué à partir d’alcool polyvinylique (PVA). Pour activer l’hydrogel PVA, les chercheurs l’ont traité avec un jet de plasma d’hélium, ce qui a généré des RONS. L’hydrogel PVA à 8% pouvait facilement être activé par le plasma générateur de RONS, constituant ainsi le meilleur pansement PAHT. Il pouvait également conserver son intégrité structurelle, sa capacité à gonfler et sa conformabilité.  

Un pansement pour traiter toutes les plaies

Les chercheurs ont comparé deux techniques pour voir s’il était possible d’améliorer électrochimiquement la production de RONS. Ils ont trouvé que la production de H2O2 a considérablement augmenté avec la mise à la terre de l’hydrogel pendant le traitement au plasma. D’autre part, l’hydratation du gel durant le traitement a encore amélioré la production de H2O2. L’humidité au niveau de l’interface jet de plasma-hydrogel présentait également une corrélation étroite avec une production élevée de H2O2. Cependant l’augmentation de la production par l’humidité et l’hydratation n’a eu aucun effet significatif sur le NO2.

Lors des expériences en laboratoire, l’hydrogel était particulièrement efficace pour contrôler la croissance des bactéries Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa qui sont couramment détectées au niveau des ulcères du pied des diabétiques.

D’après Szili, la technologie PAHT a l’avantage de pouvoir être utilisée pour le traitement de tous les types de plaies, même si l’étude s’est concentrée sur les blessures chroniques. Le traitement ne présenterait aucun danger pour l’environnement puisque la fabrication de ses principes actifs n’utilise que des composants naturels de l’air et de l’eau. La dégradation des produits actifs génère ainsi des composants non toxiques et biocompatibles.

Dans la prochaine étape, le traitement sera utilisé sur des patients humains dans le cadre d’essais cliniques. A l’avenir, les auteurs de l’étude espèrent pouvoir utiliser la technologie pour le traitement des tumeurs cancéreuses par l’activation des médicaments qui sont contenus dans des hydrogels injectés dans le corps.

Un article sur l’étude a été publié dans la revue Advanced Functional Materials.

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SOURCE: New Atlas

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