Vous êtes à moins de 10 % humain

Moins de 10% de notre génome est propre à l’humain moderne. Le reste, nous le partageons avec nos ancêtres néandertaliens et dénisoviens. C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue Science Advances. Elle a été menée par des chercheurs dirigés par le professeur Richard E. Green de l’Université de Californie.

Ces derniers ont aussi pu identifier des fragments d’ADN qui sont uniques à l’Homme moderne et qui le différencie de ses ancêtres. Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont utilisé le Speedy Ancestral Recombination Graph Estimator (SARGE). Grâce à cet outil, ils ont pu comparer l’ADN des humains modernes à celui de leurs ancêtres.

De l'ADN
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Leurs travaux leur ont permis de déduire que les gènes exclusifs aux humains modernes sont relativement faibles.

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Un pourcentage assez faible

Le SARGE est un outil très sophistiqué. Il s’appuie sur un algorithme capable de faire la distinction entre les portions du génome que les humains modernes ont hérité d’un croisement avec les néandertaliens et celles qu’elles partagent avec les néandertaliens avant la scission évolutive qui a eu lieu il y a environ 500 000 ans. Dans le cadre de cette étude, le SARGE a dû analyser 279 génomes humains modernes.

Il a également passé au crible deux génomes néandertaliens et un génome dénisovien. Le SARGE leur a permis de découvrir qu’entre 1,5% à 7% du génome humain était unique à l’Homo sapiens. Comme le souligne le biologiste Nathan Schaefer de l’Université de Californie, ce pourcentage est « assez faible. »

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Qu’est-ce qui différencie l’humain moderne de ses ancêtres ?

D’après les chercheurs, le génome humain moderne porte des fragments d’ADN « enrichies en gènes liés au développement neural et à la fonction cérébrale. » C’est ce qui distinguerait l’Homme moderne de ses ancêtres dénisoviens et néandertaliens.

Les auteurs de cette étude ont déclaré que ces mutations génétiques se sont accélérées il y a 600 000 et 200 000 ans de cela. Pour l’heure, ils ignorent ce qui a provoqué ces changements génétiques à ces périodes. Les chercheurs espèrent que l’étude de ces mutations les aidera à comprendre ce qui différencie les humains modernes et les néandertaliens sur le plan cognitif et biologique.

« En utilisant de nouveaux outils pour l’édition du génome et des modèles d’organoïdes cérébraux pour la fonction neuronale, ces mutations sont des cibles évidentes pour les études expérimentales visant à déterminer ce qui a été sélectionné chez nos ancêtres humains après divergence avec nos parents éteints les plus proches », expliquent-ils.

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