Pas de cryptage de bout en bout par défaut pour Messenger et Instagram avant 2023

Dimanche 21 novembre, The Verge nous rapporte que Meta ne prévoit pas de déployer le cryptage de bout en bout par défaut sur Messenger et Instagram avant 2023. Pour rappel, la société-mère de Facebook, Instagram et WhatsApp a fusionné les messageries Messenger et Instagram en 2020, dans le cadre de son plan visant à unifier les messageries de toutes ses plateformes.

Cependant, même si les messages envoyés via Messenger et Instagram sont déjà cryptés de bout en bout, ce paramètre n’est pas activé par défaut. Pourtant, WhatsApp prend déjà en charge le cryptage de bout à bout par défaut depuis un certain temps. D’après les informations de The Verge, il se pourrait que le cryptage par défaut n’arrive pas sur Messenger et Instagram avant 2023.

Messenger

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©prykhodov/123RF.COM

Meta doit jongler entre la protection des utilisateurs et le soutien des forces de l’ordre

Le responsable de la sécurité de Meta, Antigone Davis, en a expliqué la raison dans un article publié par The Telegraph. Selon lui, ce retard est lié aux inquiétudes concernant la sécurité des utilisateurs. Plus précisément, le cryptage de bout en bout par défaut signifie que seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent voir leur conversation.

Or, Meta voudrait justement s’assurer que cette sécurisation et cette confidentialité n’interfèrent pas pour autant avec la capacité des autorités à mettre fin aux activités criminelles. C’est pourquoi, quand Meta déploiera le cryptage de bout à bout par défaut, l’entreprise utilisera, selon Davis, « une combinaison de données non cryptées » dans ses applications, dans les informations de compte et rapports des utilisateurs pour continuer à protéger les utilisateurs tout en participant aux « efforts de sécurité publique ».

Les autorités voient le cryptage de bout à bout par défaut comme une entrave

Par ailleurs, même si Meta a récemment déclaré que le cryptage de bout à bout par défaut pourrait être disponible « au plus tôt en 2022 », cette échéance est désormais reculée à 2023 par souci de « bien faire les choses ».

Pour information, un projet de loi britannique sur la sécurité en ligne entrera également en vigueur en 2023. Ce projet de loi obligera les plateformes en ligne à protéger les enfants et à réprimer les contenus abusifs. Cependant, tout le monde n’est pas en faveur du cryptage de bout à bout par défaut, notamment le ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni, Priti Patel qui affirme que cela compliquera la prévention de la maltraitance des enfants en ligne.

D’ailleurs, en 2020, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l’Inde et le Japon se sont unis pour faire pression sur les géants technologiques afin d’accéder au cryptage des données par une porte dérobée.