Le passage du temps n’est qu’une illusion

Le passage du temps est une construction humaine et une simple illusion, pense Max Tegmark. Le cosmologiste va même jusqu’à réfuter le deuxième principe de la thermodynamique.

Le temps semble réel, omniprésent et progresse de manière inexorable. Le temps passe, comme le cours d’une rivière. Le temps possède une direction et ne fait que progresser de manière ordonnée. Le temps a une durée, une période quantifiable entre les événements. Le temps a un présent privilégié, seul le présent est réel. Le temps semble être le fond universel à travers lequel se déroulent tous les événements, de sorte que l’ordre peut être séquencé et les durées mesurées. Si le temps est une évidence pour le public, il reste un sujet de controverse pour la communauté des physiciens.

Un réveil symbolisant le temps
Crédits Pixabay

« Le temps n’est pas une illusion, mais son passage l’est », écrit Tegmark dans Our Mathematical Universe: My Quest for the Ultimate Nature of Reality – ouvrage publié en janvier 2014 aux éditions Knopf. Dans un entretien datant de 2014 accordé au magazine scientifique Nautilus, le théoricien développe sa pensée.

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La perception est différente de la nature réelle des choses

Nous avons certainement l’impression que le temps passe. Il ne s’agit pas de la seule manière d’appréhender cette réalité, pense le professeur de l’Institut de technologie du Massachusetts. Ce dernier évoque entre autres le concept de l’espace à quatre dimensions. La quatrième dimension est alors identifiée au temps. À noter que la quatrième dimension est un principe fondamental à la théorie de la relativité d’Albert Einstein.

« Nous avons vu de nombreux exemples de la façon dont les choses peuvent être très différentes de la façon dont elles se présentent dans les équations », précise Tegmark. Le passage du temps est une question de perception. Il pourrait ainsi changer selon la perspective. Le cosmologiste cite en exemple une expérimentation de David Wineland pour mieux illustrer ses propos au journaliste du Nautilus.

Wineland est un physicien américain, lauréat du prix Nobel de physique en 2012. Il a mis au point deux horloges atomiques d’une extrême précision. L’une était placée à une trentaine de centimètres au-dessus de l’autre. Les mesures du physicien américain ont ensuite montré que l’horloge atomique du dessus fonctionnait plus lentement. « L’histoire de la physique est une longue séquence d’exemples où nous réalisons que la nature ultime des choses est très différente des impressions », affirme Tegmark.

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Quid du deuxième principe de la thermodynamique ?

L’élaboration de ce principe d’évolution repose en partie sur les travaux du physicien français Sadi Carnot en 1824. Celui-ci a énoncé le caractère irréversible des phénomènes physiques au cours des échanges thermiques. Le passage du temps provoque un accroissement de l’entropie globale. Considérer l’écoulement du temps comme une perception ou une illusion remet donc en cause le principe de Carnot.

« Il s’est avéré que nous pouvons dériver la deuxième loi de la thermodynamique à partir de choses plus fondamentales », déclare Tegmark.