“Pentagon Papers” sortira finalement bien au Liban

Alors que le comité de censure libanais semblait avoir scellé le destin de Pentagon Papers sur son territoire en choisissant ainsi d’y interdire sa diffusion, le Premier ministre Saad Hariri a signé une première dans l’histoire du pays en annulant la décision du comité.

Jusqu’à il n’y a encore pas si longtemps, la sortie dans les salles libanaises de Pentagon Papers, le nouveau long-métrage de Steven Spielberg, apparaissait compromise. Parce qu’alors que le film était censé débuter sa diffusion nationale le 18 janvier dernier, le comité de censure avait d’abord décidé qu’il n’en serait rien et que Pentagon Papers pouvait rester à la frontière, ses valises pleines de révélations dans les mains.

Le pourquoi de cette interdiction réside dans le fait que Steven Spielberg est inscrit sur une liste de boycott d’Israël, une mention découlant de sa réalisation, en 1993, de La Liste de Schindler. Pourtant, comme nous l’indique AlloCiné, les récentes œuvres du réalisateur telles que Le Pont des Espions ou encore Le Bon Gros Géant avaient bien obtenu leur visa d’exploitation libanais.

Interdit par le comité de censure, “Pentagon Papers” autorisé par le Premier ministre libanais

La décision du comité de censure émise, c’était alors au Ministre de l’Intérieur et des Municipalités de trancher sur la question. Au final, le Premier ministre Saad Hariri a communiqué sur une autorisation de projection finalement délivrée à Pentagon Papers, que les spectateurs libanais peuvent donc découvrir au cinéma depuis jeudi.

L’action du chef du gouvernement n’est pas anodine, car de son histoire, jamais le comité de censure du Liban n’avait été désavoué de la sorte.

Pentagon Papers raconte comment Katharine Graham, directrice de la publication du Washington Post, va mettre sa carrière en jeu et celle de son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dénoncer un scandale d’État, et revenir par la même occasion au niveau du New York Times. Le film prend appui sur de véritables faits, le Washington Post ayant ainsi effectivement publié en 1971 des  documents classés confidentiels sur l’implication politique et militaire des États-Unis dans la guerre du Vietnam. À noter que Katharine Graham sera également à l’origine, quelques années plus tard, du scandale du Watergate. Une dame des bons coups, comme on dit.