Periscope a failli faire échouer une opération de police australienne

Periscope est un outil redoutable. Grâce à lui, n’importe quelle personne équipée d’un smartphone récent peut se transformer en reporter. Toutefois, elle peut aussi avoir des effets inattendus et c’est précisément le cas ici puisqu’une diffusion a failli faire capoter une opération policière menée par les forces australiennes.

L’Australie a récemment lancé une opération afin de placer en détention Choi Han Chan, un Nord-Coréen âgé d’une cinquantaine d’années.

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L’homme est effectivement soupçonné d’avoir aidé la Corée du Nord à développer des armes de destruction massive.

Periscope : un flux retransmis au cœur d’une nouvelle polémique

Il est ainsi inculpé de deux chefs d’accusation pour avoir enfreint une loi sur les sanctions prises à l’encontre du gouvernement de Kim Jong-un, de deux chefs d’accusation pour avoir enfreint une loi d’application prise par les Nations Unies et – enfin – de deux autres chefs d’accusation pour avoir participé à l’élaboration d’un programme illicite en lien avec des armes de destruction massive.

D’après la police fédérale, l’homme aurait effectivement levé des fonds bénéficiant directement au régime nord-coréen, des fonds qui auraient pu rapporter des dizaines de millions de dollars au gouvernement.

Pour se faire, Choi Han Chan se serait appuyé sur plusieurs leviers et il aurait ainsi tenté d’effectuer des transactions en lien avec la vente de charbon et la vente de systèmes de guidage de missile.

L’homme s’est retrouvé dans le collimateur des autorités australiennes suite à un rapport transmis par une agence étrangère. Pendant plusieurs mois, les enquêteurs ont suivi l’accusé afin de collecter des preuves prouvant sa culpabilité et ils ont ensuite lancé une vaste opération visant à le placer en détention.

La police australienne a ouvert une enquête

Que vient faire Periscope là-dedans ? C’est simple. Quelques jours avant l’arrestation de Choi Han Chan, une discussion de deux minutes a été diffusée sur la plateforme et partagée sur le compte Twitter de la police australienne. La séquence donnait des détails sur la date de l’arrestation du suspect et sur le plan de communication destiné aux médias.

Une quarantaine de personnes ont pu suivre cette discussion privée et hautement stratégique durant plusieurs minutes. La retransmission a ensuite été coupée.

La police australienne n’a évidemment pas apprécié de voir ces informations rendues publiques et elle a ainsi lancé une enquête interne afin de déterminer l’identité de la personne responsable de cette retransmission inopinée. Pour le moment, aucun détail n’a été communiqué, mais les pouvoirs publics ont annoncé avoir pris des dispositions pour éviter qu’un tel scénario ne se reproduise.

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