Piégés dans la glace, les scientifiques du Polarstern ont enfin regagné la terre ferme

Le 20 septembre 2019, le navire de recherche Polarstern quittait la Norvège pour un voyage qui allait durer un peu plus d’un an dans le cadre de l’expédition MOSAiC ou Multidisciplinary drifting Observatory for the Study of Arctic Climate. Comme le nom de la mission l’indique, la destination du navire a été l’Arctique, et le projet a vu la participation de centaines de chercheurs des quatre coins de la planète.

D’après les scientifiques, cette expédition, qui s’est finalement terminée le 12 octobre dernier lorsque le bateau a pu regagner la terre ferme à Bremerhaven en Allemagne, était inspirée en partie par ce que l’explorateur norvégien Fridtjof Nansen avait accompli en 1893. Celui-ci était le premier à laisser son navire devenir prisonnier des glaces et à se laisser emporter par la mer glacée de la région de l’Arctique. Son  objectif était de prouver que les bateaux pouvaient utiliser la glace pour explorer cette partie du monde. L’expédition MOSAiC est la première expédition moderne à réutiliser la méthode employée par Nansen. Le navire Polarstern s’est ainsi laissé délibérément piégé dans la glace en octobre 2019 pour être emporté en direction du Pôle Nord.

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Selon les chercheurs, le voyage leur a permis d’être les témoins directs des effets du changement climatique sur l’Arctique. Cette région serait en train de se réchauffer à une vitesse deux fois supérieure à ce qu’on peut voir dans le reste du monde. Markus Rex, spécialiste de l’atmosphère à l’Alfred Wegener Institute à Bremerhaven, explique que cette expédition a carrément révélé que l’océan Arctique était en train de mourir.

Equipée de matériels de pointe

On peut dire que l’expédition MOSAiC fait partie des plus grandes missions arctiques jamais exécutées si l’on se réfère aux moyens mis à disposition des scientifiques pour la réaliser. Selon les informations, la somme totale allouée à l’expédition a été de 154 millions de dollars, somme déboursée par le Ministère Fédéral de l’Education et de la Recherche de l’Allemagne et par l’U.S. National Science Foundation and Department of Energy.

Du point de vue matériel, les scientifiques ont pu profiter des avions et des hélicoptères, ainsi que de tous les navires de soutien fournis par les partenaires incluant la Chine, la Russie ou encore l’Allemagne. Quant aux mesures proprement dites, ils ont utilisé un ensemble d’instruments complexes développés spécialement pour l’étude de la dynamique de la mer de glace arctique, des systèmes écologiques, et des processus océaniques et atmosphériques.

Mieux comprendre le climat

Après la fin de l’expédition en elle-même, il est maintenant temps pour les chercheurs de parcourir et d’étudier toutes les données recueillies lors du voyage. Ils vont également calibrer les modèles climatiques en se basant sur ces nouvelles données.

D’après Matthew Shupe, spécialiste de l’atmosphère à l’Université du Colorado, et également co-coordonnateur  de MOSAiC, la base de leur travail, c’est de collecter les données et de les transformer en connaissance que l’on pourra utiliser pour développer et améliorer les modèles. Ce sont ces modèles qui vont nous aider à en savoir plus sur le climat dans le futur, et à prédire la météo. Ces modèles sont aussi nécessaires pour pouvoir représenter de la meilleure façon ce qu’il est en train de se passer dans l’Arctique.

Le réchauffement climatique est actuellement un des plus gros problèmes auxquels le monde a à faire face. Avec les résultats obtenus au cours de l’expédition MOSAiC, espérons que notre nouvelle compréhension du climat permettra d’établir en quelque sorte un plan qui servira à atténuer les effets de ce phénomène sur notre planète.

s https://www.vice.com/en/article/qj4gm5/scientists-trapped-in-ice-for-past-year-return-with-a-dire-warning