Piratage : un opérateur spécialisé dans le téléchargement de fichiers APK condamné

La chasse aux sites de streaming illégaux continue ! À Hawaï, un groupe de sociétés de cinéma ont porté plainte contre plusieurs sites web spécialisés dans la promotion et la distribution d’applications de streaming pirates, telles que « Show Box » ou encore « Popcorn Time ».

Les sociétés plaignantes (dont les maisons de production derrière « The Hitman’s Bodyguard » ou encore « London Has Fallen ») accusent ces sites de faciliter le piratage massif de leurs  films, ce qui nuit ainsi à leurs activités. Ils argumentent en effet que même si ces sites ne sont pas à l’origine des applis concernées, le fait de les distribuer les rende tout aussi coupables que ceux qui les ont créées.

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Comme ils l’expliquent dans le document d’accusation (qui fait 58 pages) : « les défendeurs promeuvent à tort l’application Show Box comme un moyen légitime de visionner du contenu auprès du public, qui installe avec empressement l’application Show Box pour regarder le contenu protégé par le droit d’auteur, conduisant ainsi à un profit pour les défendeurs. »

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150 000 dollars pour un des opérateurs

Parmi les accusés, un vietnamien du nom de Nghi Phan Nhat fait partie des opérateurs qui ont été appelés à comparaître devant les tribunaux dans le cadre de cette affaire sordide. Nhat est accusé de promouvoir et exploiter le site de téléchargement d’APK « apkmirrordownload.com ».

En septembre dernier, les plaignants ont exigé que Nhat leur verse des dommages-intérêts d’un montant de 150 000 dollars (127 000 euros) : cette somme représente 30 000 dollars (25 000 euros) pour chaque film protégé par droit d’auteur qui est disponible en téléchargement illégal sur le site.

Il s’agit d’un sacré montant, mais que la Cour a décidé de valider début juillet. Les plaignants se sont également vu accorder plus de 10 000 dollars en plus pour les honoraires et les frais d’avocats.

Des poursuites qui divisent encore la loi

Si les sociétés de cinéma ont fini par obtenir gain de cause, tout n’était cependant pas gagné d’avance. Au début, leur plainte n’avait en effet pas été bien accueillie par le juge d’Hawaï. Ce dernier avait estimé que les preuves étaient insuffisantes pour accuser les opérateurs qu’ils dirigeaient délibérément leurs activités illégales vers les États-Unis.

L’avocat des plaignants est cependant parvenu à apporter des preuves concrètes : il a notamment démontré que Nghi Phan Nhat faisait non seulement appel aux services d’entreprises américaines (Namesilo et CloudFlare) pour promouvoir ses activités, mais qu’il possédait également une page de politique américaine DMCA (Digital Millennium Copyright Act) qui protège les droits d’auteur.

Pour le tribunal de district d’Hawaï, « l’affichage de cette politique sur le site APK montre que Nhat était au courant et a tenté d’invoquer les protections de la loi américaine potentiellement applicable. », ce qui prouve sa culpabilité dans toute cette affaire. Reste à voir si le principal intéressé (qui ne s’est pas présenté devant la Cour) acceptera de payer les dommages-intérêts exigés.