Pornhub poursuivi par 40 victimes de Girls Do Porn

Pornhub connaît une année 2020 mouvementée. Après la pétition demandant sa fermeture, une pétition signée par plus de deux millions de personnes, le géant du porno a effectivement fait face à une véritable levée de boucliers suite à la publication d’un article du Times.

Très alarmant, l’article en question expliquait en substance que le catalogue de la plateforme comprenait des vidéos illégales dépeignant des actes sexuels sur mineurs ou encore du revenge porn.

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Pornhub a bien tenté de calmer les esprits en annonçant une suite de mesures drastiques, mais cette stratégie n’a pas porté ses fruits.

Pornhub dans la tourmente

Suite à une enquête interne, une enquête qui a confirmé les conclusions du New York Times, MasterCard et Visa ont en effet décidé de suspendre tous les accords commerciaux avec l’éditeur du site. Face à la situation, Pornhub n’a eu d’autre choix que d’enlever de son catalogue toutes les vidéos partagées des utilisateurs non enregistrés.

Soit un total de plusieurs millions de vidéos qui ont disparu du jour au lendemain.

Mais il semblerait qu’une embellie ne soit pas au programme. Cette nuit, nous avons en effet appris que Mindgeek faisait désormais face à une action en justice intentée par 40 femmes victimes de Girls Do Porn.

Girls Do Porn était un studio spécialisé dans la réalisation de vidéos de porno amateurs. Il faisait donc appel à des jeunes femmes qui n’avaient aucune expérience dans le milieu. Seul problème, le gérant de la société et ses collaborateurs ne leur disaient pas toute la vérité. Ils leur expliquaient en effet que leurs vidéos se destinaient à des collectionneurs privés établis en Nouvelle-Zélande alors qu’elles finissaient sur leur site, mais aussi sur leur chaîne Pornhub.

Mindgeek poursuivi par 40 victimes de Girls Do Porn

Et bien sûr, les visages des actrices n’étaient pas masqués. Il était donc tout à fait possible de les reconnaître. Ce qui s’est évidemment souvent produit, certaines de ces vidéos totalisant plusieurs millions de vues.

Suite à une plainte déposée, Girls Do Porn a été contraint de fermer ses portes et l’entreprise a été condamnée à une lourde amende. Quant à son patron, il est parti sans laisser d’adresse, ce qui lui a valu de se retrouver sur la liste noire du FBI.

Le scandale n’a évidemment pas épargné Pornhub, et ce pour une raison assez évidente : la plateforme a directement tiré profit des vidéos publiées par Girls Do Porn. Des vidéos qui étaient monétisées et qui s’accompagnaient de nombreux formats publicitaires.

Or justement, 40 victimes de Girls Do Porn viennent de déposer une plainte contre Mindgeek, l’éditeur du site Pornhub. Ce dernier est accusé d’avoir profité du trafic sexuel de Girls Do Porn. Les plaignantes, de leur côté, évoquent des dommages importants, et notamment une détresse émotionnelle grave qui a débouché sur des traumatismes ponctués de tentatives de suicide et une “ostracisation sociale et familiale”.

Mindgeek était-il au courant des agissements du studio ?

En conséquence, elles reprochent à Mingdeek de ne pas avoir modéré les images circulant sur son réseau de sites et elles lui demandent un million de dollars… par plaignant. Soit un total de 40 millions de dollars.

La plainte a été déposée le 15 décembre auprès du tribunal de district des Etats-Unis pour le district sud de Californie par les avocats Brian Holm et John O’Brien. Elle comporte pas moins de quarante-trois pages qui détaillent de manière très précise toutes les souffrances endurées par les victimes de Girls Do Porn.

Mais elle va plus loin puisqu’elle prétend aussi que Mindgeek était parfaitement au courant de la manière de faire de Girls Do Porn et de l’intimidation dont faisaient l’objet les amatrices. Pour ne rien arranger, les plaignantes indiquent avoir signalé à plusieurs reprises les vidéos à Pornhub sans que ce dernier ne fasse rien pour les supprimer.

Les plaignants demandent 40 millions de dollars

Il faut en effet rappeler que la chaîne de Girls Do Porn est restée disponible sur Pornhub jusqu’à ce que les propriétaires et salariés de l’entreprise soient arrêtés en octobre 2019.

En outre, et toujours d’après le dossier constitué par les avocats en charge de l’affaire, Mindgeek aurait tenté de racheter le studio en 2018… avant de se rétracter en apprenant les fraudes dont était accusée l’entreprise.

Ce qui prouverait du même coup que le groupe avait pleinement connaissance des agissements de Girls Do Porn… ce qui ne l’a pas empêché de maintenir la chaîne du studio en ligne.

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