Planet Nine : des mini sondes pour détecter la planète ?

Planet Nine a fait l’objet de nombreuses études ces dernières années, mais elle est très loin de faire l’unanimité au sein de la communauté astronomique. Si certains sont convaincus de son existence, d’autres pensent qu’elle n’est rien de plus qu’un mirage. Edward Witten a précisément une idée pour faire toute la lumière sur cette délicate question.

Edward Witten est un physicien mathématicien et il enseigne comme professeur à l’Institute for Advanced Study de Princeton.

Planet Nine

Extrêmement respecté dans le milieu, il a notamment élaboré la théorie M. Ses travaux lui ont d’ailleurs permis d’être le tout premier physicien de l’histoire à gagner la médaille Fields. Ce qui lui a valu en 2004 d’apparaître au classement des 100 personnes les plus influentes du Time.

Planet Nine, une planète hypothétique dont l’existence reste à prouver

Comme bon nombre de scientifiques, Edward Witten s’intéresse beaucoup à Planet Nine et aux implications qu’un tel corps pourrait hypothétiquement avoir sur notre système.

Or justement, dans un de ses derniers articles, Witten évoque une méthode audacieuse qui pourrait potentiellement nous permettre de prouver l’existence de ce corps. De prouver son existence, mais aussi de le localiser.

Le physicien propose ainsi de s’appuyer sur une flotte composée de plusieurs centaines de mini sondes afin de cartographier le système solaire et la zone située dans sa périphérie.

L’idée est relativement simple et elle se rapproche finalement beaucoup des missions sur lesquelles travaille la Breakthrough Listen Initiative.

Une flotte composée de centaines de sondes

Witten propose ainsi que l’on développe une flotte de mini sondes équipées de lasers et pouvant ainsi atteindre 0,1 % de la vitesse de la lumière. Une fois la flotte constituée, il resterait à la déployer autour de la Terre et à suivre ensuite le déplacement de chacun des éléments la constituant.

Chaque sonde devra effectivement être équipée d’une horloge atomique et d’un émetteur radio. Ensuite, il suffirait que chacune de ces sondes envoient à heure fixe un signal en direction de la Terre. Les équipes au sol pourraient ainsi suivre leurs déplacements en s’appuyer sur le délai de réception de ces fameux messages. Plus les sondes s’éloigneraient de notre planète et plus le signal mettrait en effet du temps à nous parvenir.

Grâce à ces sondes et ces signaux, les chercheurs seraient en mesure de créer une carte des déplacements de la flotte. Il suffirait en suite de rechercher d’éventuelles anomalies pour pouvoir cartographier notre système et déterminer si un corps massif se cache réellement à ses abords.

En effet, si une sonde devait s’approcher d’une planète proposant la masse de Planet Nine, alors sa course serait directement influencée par son attraction gravitationnelle. En d’autres termes, sa vitesse augmenterait et le signal mettrait plus de temps à nous parvenir.

Une théorie qui ne fait pas l’unanimité

Seule ombre au tableau, pour pouvoir déployer une telle flotte, il faudrait construire une installation laser dont le coût pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dollars. En revanche, cette dernière pourrait aussi être utilisée dans le cadre d’autres missions spatiales.

Car cette flotte ne servirait pas uniquement à identifier Planet Nine.

Bien utilisée, elle pourrait également nous en apprendre plus sur les objets et les corps que nous ne pouvons pas observer directement.

Reste que tout le monde ne voit pas les choses de la même manière. Avi Loeb, un chercheur de Harvard connu pour ses positions très controversées, pense avoir identifié une faille dans le raisonnement du physicien. Si les précédentes études ont dit vrai, alors Planet Nine se trouverait en dehors de l’héliopause et donc le milieu interstellaire.

Un endroit doté d’un fort champ magnétique. Suffisamment en tout cas pour perturber le fonctionnement des sondes.