Planet Nine ne serait qu’un mirage selon cette nouvelle étude

Planet Nine fascine la communauté astronomique depuis plusieurs années maintenant, mais beaucoup de chercheurs commencent à douter de l’existence de cette hypothétique neuvième planète. Ann-Marie Madigan en fait partie.

Tout a commencé en 2014, lorsque Michael E. Brown et Konstantin Batygin ont repéré des incohérences au niveau de plusieurs objets transneptuniens situés dans la ceinture de Kuiper. Les deux astronomes ont commencé par penser que ces corps se trouvaient sous l’influence de notre étoile, mais ils ont rapidement conclu que c’était tout bonnement impossible compte tenu de la distance les séparant.

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Crédits Pixabay

C’est alors qu’ils ont formulé l’hypothèse de l’existence d’une neuvième planète située aux abords du système solaire, une planète deux à quatre fois plus grande que notre propre planète.

Planet Nine, une théorie controversée

Par la suite, de nombreuses études ont corroboré leur théorie, mais aucune n’a pu prouver l’existence de cette nouvelle planète.

Pire encore, les dernières études semblent plutôt prouver l’inverse.

En avril, des chercheurs originaires de Pennsylvanie ont ainsi publié une étude contradictoire. Pedro Bernardinelli et son équipe ont choisi de repartir d’une feuille blanche et de reprendre tout de zéro en s’appuyant sur les données du Dark Energy Survey. Ils en ont conclu que rien ne pouvait prouver l’existence de cette neuvième planète.

Et à présent, c’est au tour de Ann-Marie Madigan s’en remettre une couche.

Cette astrophysicienne travaillant pour l’Université de Boulder a en effet développé une autre théorie avec son équipe. Elle pense en effet que les anomalies détectées par Michael E. Brown et Konstantin Batygin ne peuvent pas uniquement s’expliquer par la présence d’une immense planète située au-delà de la ceinture de Kuiper.

En réalité, après avoir testé plusieurs modèles mathématiques, la chercheuse a réalisé que ces orbites anormales pouvaient également être causées par un disque composé de millions de petits corps. Des corps dont la proximité pourrait donner vie à une puissante force gravitationnelle.

Une force suffisante pour influencer l’orbite des corps transneptuniens.

Un disque composé de millions de corps aux confins de notre système ?

Le document, soumis à l’Astronomical Journal, explique en effet que des corps réunis au sein d’un disque seraient en mesure de produire une gravité collective équivalente à celle d’une neuvième planète.

Lorsque le système solaire s’est formé, de nombreux corps sont restés en suspension au-delà de l’orbite de Pluton. Certains de ces corps ont pu se regrouper et finir par exercer une pression gravitationnelle sur les astéroïdes et planètes naines situées au niveau de la ceinture de Kuiper. C’est du moins la théorie que défend Ann-Marie Madigan et son équipe.

Néanmoins, cette hypothèse ne fait pas l’unanimité. Konstantin Batygin a eu l’occasion de prendre connaissance de l’étude, mais cette dernière ne l’a pas totalement convaincu. Il ne pense effectivement pas qu’un anneau ou un disque ait pu se former aux confins de notre système. D’après lui, si des corps avaient réellement pu se rassembler dans cette zone, alors les perturbations gravitationnelles provoquées par les étoiles des systèmes stellaires situés aux abords du nôtre l’auraient rapidement dispersé durant les jeunes années de notre étoile.

Reste que les chercheurs s’accordent au moins sur un point : il y a bien une force qui s’exerce aux confins de notre système, que ce soit une planète, un disque de débris ou bien autre chose.