Player Spirit : le papier fait de la résistance (dans le jeu vidéo)

Messagers de cet âge du jeu vidéo que l’on dit aujourd’hui “d’or”, l’équipe de Player Spirit tente, au travers d’un mook né du financement participatif et de la passion de ses artisans, de rappeler le bon goût de l’antan tout en osant faire l’autocritique d’une presse passée pas toujours aussi informative que cela.

Le 16 novembre dernier, le projet d’un certain J’m Destroy était financé à hauteur de 15.000 euros sur la plate-forme Ulule. L’aventure dans laquelle notre homme venait de s’engager auprès de quantité de soutiens concernait la création d’un nouveau magazine de jeux vidéo. Oui, encore un, parce qu’on n’a apparemment pas encore trouvé le digne successeur de ses ancêtres.

Les instigateurs du projet ne s’en cachaient pas, les pages de leur bébé (forcément un peu mouillées, vous savez, à cet âge-là) allaient s’efforcer de démontrer par A+B+L+R+Start que le jeu vidéo, c’était mieux avant et que la nostalgie a bon dos dans certains cas.

Player Spirit, un mook bimestriel pour rappeler le (bon) goût du jeu vidéo d’avant

Depuis quelques jours, les contributeurs à l’aventure Player Spirit ont pu recevoir le premier numéro du magazine, dont les pierres ont ainsi été posées par J’m Destroy, Matt Murdock, Ze Killer ou encore AHL, figures d’illustres publications phares des années 90. L’association avec Mathieu Manent, auquel on doit notamment les Anthologies Nintendo 64 et GameCube, a finalement permis de concrétiser un peu plus cette vision d’un magazine papier qui parlerait aux plus anciens, le tout avec un recul qui manquait peut-être par moments il y a une vingtaine d’années.

Alors que réserve ce premier numéro facturé 12 euros ? On est tout d’abord admiratif de l’objet, et pas seulement pour sa couverture faisant se réunir moult icônes vidéoludiques telles que Mario, Ryu, Duke Nukem, Bomberman ou encore Crash Bandicoot. Le feuilletage du mook s’avère aussi très agréable de par une maquette claire et lisible et des captures d’écran plus ou moins grandes et de fort belle facture. Au programme, des historiques (ici sur Coleco, Cinemaware, la bataille dans les salles d’arcade entre Namco et SEGA), des tests de jeux sortis il y a un bail mais aussi plus récemment (mais toujours sur des consoles exclues du marché, faut suivre), des réflexions (The Legend of Zelda NES meilleur que Breath of The Wild) avec toujours la sensation de se dire, à chaque page, que l’on va nous faire replonger avec plaisir dans un univers qui est peut-être passé un peu trop vite.

Les fidèles lecteurs de Joypad noteront la réutilisation, dans certains blocs de Player Spirit, d’une typographie chère au “magazine des consoles” au début des années 1990. Bon évidemment, comme à la bonne époque, ce mook s’illustre également par des fautes d’accord, des oublis de lettres voire de mots et aussi des lourdeurs selon les auteurs. Mais pour donner à l’équipe de Player Spirit une chance de s’améliorer (et à Jay d’expliquer pourquoi le tout de même bien cryptique Romancing SaGa 2 mérite l’investissement), surtout si la substance vous a convaincu, s’abonner au magazine apparaît comme la manière la plus pertinente de procéder. Aux dernières nouvelles, Player Spirit n’apparaît disponible que par la toile, au travers d’abonnements aux tarifs variables selon le nombre de numéros commandés.

Rendez-vous donc dans deux mois si tout va bien pour eux.