Plus de 30.000 photographies inédites de l’URSS trouvées dans un grenier

Masha Ivashintsova est une photographe russe ayant vécu entre les années 1942 et 2000. La photographe russe a pris pas moins de trente-mille photographies sur sa vie et la vie quotidienne de l’URSS entre les années 1960 et 1980. Malgré sa passion et son dévouement pour la photographie, l’artiste et critique de théâtre a toujours gardé ses œuvres à l’abri des regards, même de ceux de sa famille.

La raison pour laquelle elle a dissimulé ses photographies à sa famille et à ses patriotes était due au communisme où l’on forçait les gens à entrer dans des standards et où on les obligeait à respecter et à vivre selon les règles établies par le pouvoir en place. Consciente que sa passion la mettait hors des standards, Masha a préféré dissimuler ses clichés jusqu’à sa mort.

C’est sa fille Asya Ivashintsova-Melkumyan qui a retrouvé le trésor de sa défunte mère et elle nous raconte désormais son histoire et nous fait l’éloge de la beauté des photographies de sa maman.

Des photographies de toute une vie

Masha Ivashintsova a été une femme fortement engagée dans le mouvement poétique et photographique de Leningrad, aujourd’hui connu sous le nom de Saint-Pétersbourg, des années 1960-1980. Même si sa fille Asya savait que sa mère prenait des photos tout au long de sa vie, elle a été toujours étonnée de ne pas voir sa mère montrer ses œuvres à qui que ce soit.

Cette dernière a préféré enfouir ses photos dans le grenier de leur maison située à Pouchkine, Saint-Pétersbourg, où Asya et son mari les ont découverts totalement par hasard en se lançant dans la rénovation de la maison familiale.

En passant en revue les affaires de sa mère, Asya a été stupéfaite en découvrant la collection de négatifs de sa mère.

Un site et une galerie en hommage à la défunte artiste

En développant les films, Asya est frappée par la beauté des photographies prises par sa mère. Elle raconte que de son vivant, Masha Ivashintsova adulait trois génies de l’art : le poète Viktor Krivulin, le photographe Boris Smelov et le linguiste Melvar Melkumyan qui n’est autre que le père d’Asya.

Selon Asya, une autre raison aurait poussé sa mère à thésauriser ses photos. Outre la peur de la répression sociale, c’est aussi le fait qu’elle ne se sentait pas à la hauteur de ses trois artistes préférés. Plus tard, le communisme eut finalement raison d’elle puisque, ne rentrant pas dans les standards sociaux, elle fut envoyée dans un hôpital psychiatrique et mourut en 2000.

Le seul regret d’Asya est que les oeuvres de sa mère ne soient connues et reconnues qu’après sa mort. Néanmoins, c’est en hommage à sa défunte mère qu’Asya lui a créé un site web ainsi qu’une galerie.