Pluton aurait des similitudes avec 5 lunes d’Uranus

Uranus fait partie des planètes les plus éloignées du Soleil. La distance qui la sépare de notre étoile est en effet à peu près 20 fois supérieure à la distance entre la Terre et cette dernière. Pour l’étudier, les scientifiques se servent uniquement des télescopes terrestres ou en orbite puisque la seule sonde qui ait jamais pu l’approcher a été Voyager 2 de la NASA, et c’était en 1986. La conséquence est qu’il est aujourd’hui très difficile d’observer ses satellites qui sont pourtant au nombre de 27.

Récemment, une équipe de chercheurs a annoncé qu’ils ont fait une découverte accidentelle concernant les 5 plus grandes lunes de la planète lointaine. D’après les résultats obtenus, ces satellites auraient une composition proche de celle de Pluton et de Haumea, des objets compacts qui sont faits de roche et d’une croûte de glace. Une telle composition est différente de celle des plus petits satellites d’Uranus qui sont plus moelleux et duveteux.

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Les scientifiques derrière cette découverte l’ont réalisée grâce aux données de l’Herschel Space Observatory de l’ESA qui était en opération de 2009 à 2013. Sa mission principale était d’étudier la galaxie dans le domaine de l’infrarouge.

Très difficiles à observer

Selon Gabor Marton, astronome à l’observatoire de Konkoly en Hongrie, les lunes d’Uranus sont 500 à 7400 moins visibles que la planète, et comme elles sont aussi très proches de celle-ci, elles sont presque invisibles. Il a ajouté que seules les plus brillantes pouvaient sortir du lot.

Les cinq satellites principaux d’Uranus sont Titania, Oberon, Umbriel, Ariel et Miranda. Lors de son passage, la sonde Voyager 2 a montré que ses 5 plus grosses lunes avaient une forme sphérique et semblaient faites de roche et de glace.

Les astronomes expliquent qu’en général, ces cinq lunes, qui orbitent au niveau de l’équateur, sont aussi très difficiles à observer parce que l’équateur est souvent caché dans l’ombre à cause de l‘inclinaison de la planète. Toutefois, au cours de la période d’observation allant de 2010 à 2012, l’équateur était visible et éclairé par le Soleil. Les chercheurs ont alors eu une bonne surprise en utilisant un algorithme spécialement développé pour étudier les données. Les quatre plus gros satellites étaient en effet visibles dans le domaine de l’infrarouge et il a été également possible de détecter Miranda, la plus petite des cinq.

Cette observation a permis de mesurer la quantité de chaleur reçue du Soleil et retenue par la surface des lunes. Les résultats ont montré que la façon dont les satellites retenaient la chaleur et se refroidissaient était très proche de celle des planètes naines Pluton et Haumea. Les astronomes ont ainsi conclu que les cinq plus grosses lunes d’Uranus étaient également faites de roche et de glace.

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Ce qu’implique cette découverte

Cette découverte signifie beaucoup de choses dans l’étude de notre système solaire, comme l’indiquent les astronomes. Elle signifie par exemple que l’envoi d’une sonde pour étudier les géantes de glace pourrait nous aider à en apprendre plus sur les objets plus éloignés du système solaire.

Selon l’astronome Hendrik Linz du Max Planck Institute for Astronomy, ces résultats montrent que parfois, on n’a pas besoin de missions spatiales planétaires pour mieux connaitre notre système solaire. Il a ajouté que le nouvel algorithme pourrait également être utilisé sur les données déjà collectées dans la base de données de l’ESA et que cela pourrait bien produire des résultats inattendus.

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