Des particules de plutonium radioactif dans le sol de l’Australie ?

Les conséquences des essais nucléaires britanniques en Australie semblent perdurer. Près de 60 ans après leur arrêt, des particules radioactives de plutonium et d’uranium contamineraient encore le sol de Maralinga.

Les bombardements atomiques américains d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945 ont marqué un grand tournant dans l’histoire de l’armement. D’autres nations se sont alors précipitées pour se doter d’un arsenal nucléaire. Le Royaume-Uni a cherché un endroit où effectuer ses tests. Lorsqu’il a approché le gouvernement australien au début des années 50, ce dernier était trop désireux de trouver un accord. Entre 1952 et 1963, 12 essais nucléaires britanniques ont alors été menés en Australie. Trois ont eu lieu dans les îles Montebello. Le reste a été opéré dans l’arrière-pays australien : deux à Emu Field et sept à Maralinga.

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Outre les explosions nucléaires à grande échelle, il y a eu des centaines d’essais sous-critiques. Ces « tirs froids » servaient à tester les performances et la sécurité des armes nucléaires ainsi que de leurs composants. Ils consistaient généralement à faire exploser des engins nucléaires avec des explosifs conventionnels ou à les incendier.

Des résidus radioactifs difficiles à éliminer

Les tirs froids ont libéré des matières radioactives. Les tests effectués sur le site d’essai de Taranaki à Maralinga ont répandu 22,2 kg de plutonium et plus de 40 kg d’uranium à travers le paysage aride. À titre de comparaison, la bombe de Nagasaki contenait « seulement » 6,4 kg de plutonium. Ces essais ont provoqué une contamination radioactive durable de l’environnement. Il a fallu attendre 1984 pour réaliser l’ampleur de la contamination.

A en croire une nouvelle étude scientifique, malgré de nombreux efforts de décontamination, le plutonium et l’uranium des essais britanniques continueraient de contaminer le sol de Maralinga. Ils se présenteraient sous la forme de minuscules grains radioactifs de moins d’un millimètre dispersés dans le sol.

La faune de Maralinga menacée ?

Le plutonium est un élément radioactif anthropique. Il s’agit d’un élément chimique de grade militaire qui possède une durée de vie de 24 100 ans. Même dans 24 000 ans, la quantité de plutonium répandue autour du site d’essai de Taranaki vaudra deux bombes de Nagasaki, affirme Science Alert. À noter que le plutonium émet des radiations capables d’endommager l’ADN.

Les particules de plutonium et d’uranium restent inactives dans leur état initial. Cependant, une exposition prolongée à l’atmosphère, à l’eau ou aux microbes peut altérer cette condition. Les particules se libèrent ensuite en se mélangeant avec la poussière et les cours d’eau.

Selon les scientifiques, les processus chimiques et physiques naturels dans l’environnement du sud australien risquent d’entrainer une libération lente du plutonium des particules chaudes sur le long terme. Qui plus est, ce rejet est susceptible de contribuer à l’absorption continue de plutonium par la faune de la région.

Bref, le cas de Maralinga démontre que la nature a généralement du mal à se remettre des incidents impliquant des particules radioactives.