Pokémon Go : les sculpteurs et les architectes montrent les crocs

Pokémon Go a séduit des millions d’utilisateurs en l’espace de quelques semaines, mais il ne fait malheureusement pas l’unanimité chez les artistes et les architectes. Loin de là même, car ces derniers auraient le titre dans leur collimateur et ils auraient même demandé à Niantic de payer des droits d’auteurs sur les œuvres reproduites afin d’illustrer certains PokéStops.

Comme certains d’entre vous le savent sans doute, lorsqu’un chasseur de Pokémon se rend à proximité d’un PokéStop, alors un visuel apparaît à l’écran. Il comporte le nom de l’endroit associé au repère, mais également une photo des lieux.

PokéStops

Les ayants droit ont maintenant un problème avec les PokéStops.

Lorsque le PokéStop est associé à un monument, c’est donc un cliché de ce dernier qui apparaît dans le cadre réservé à l’illustration. Même chose pour les sculptures et les graffitis.

Les PokéStop pris pour cible par les ayants droit

Et tout le problème est là. Selon Electron Libre, les organisations représentant les intérêts des ayants droit américains et européens auraient contacté Niantic afin d’obtenir une compensation financière en échange de l’utilisation de ces contenus.

Pire, ces dernières auraient également fait savoir qu’elles n’hésiteraient pas à engager des poursuites contre l’éditeur en cas de refus.

Est-ce du bluff ? Malheureusement non. À la base, Niantic n’a effectivement pas cherché à réinventer la roue et l’éditeur s’est ainsi appuyé sur la base de données de son précédent titre, Ingress, pour établir la carte des PokéStop. Ce détail est loin d’être anodin et vous allez très vite comprendre pourquoi.

Sur Ingress, n’importe qui avait la possibilité de demander la création d’un nouveau point d’intérêt. Pour le faire, il suffisait de remplir une fiche et de prendre une photo du lieu avant d’envoyer le tout à l’entreprise. Cette dernière étudiait ensuite la proposition et elle la validait ou la refusait ensuite.

Niantic a évidemment gardé le même mécanisme sur Pokémon Go lorsque des chasseurs de créatures demandent la création d’un nouveau repère.

La liberté de panorama, encore elle

Si ces quelques lignes évoquent quelque chose en vous, c’est tout à fait normal, car ce dont il est question ici, c’est tout simplement de la liberté de panorama. Oui et si vous vous intéressez au sujet, alors vous savez sans doute que la loi numérique votée en France intègre une clause spéciale stipulant que les particuliers ont le droit de prendre en photo des monuments ou des sculptures sans avoir besoin de rémunérer les ayants droit.

Or justement, cette fameuse clause ne s’applique pas à Niantic puisqu’elle interdit tout usage commercial.

La situation est donc compliquée et les ayants droit sont visiblement bien décidés à aller jusqu’au bout. Selon Electron Libre, ils auraient en effet procédé durant l’été à un recensement précis de tous les PokéStop utilisant la photo d’un monument ou d’une oeuvre artistique protégée par les droits d’auteurs.

Si les négociations échouent, les organisations civiles des ayants droit lanceront donc une action légale aux États-Unis, en Europe et en France, une action dont les conséquences pourraient être désastreuses pour Niantic, mais également pour toutes les entreprises positionnées sur le segment de la réalité augmentée.