Pokémon Go nous espionne-t-il ?

Pokémon Go marche fort, très fort même. Il marche même si bien qu’il va entrer au Guinness des Records et cela n’a d’ailleurs rien de surprenant puisqu’il a séduit des centaines de millions de personnes à travers le monde, et plus de six millions en France. Impressionnant, non ? Certes, mais tout le monde ne voit pas forcément ce succès d’un très bon oeil et certaines personnes estiment ainsi que le titre de Niantic est un véritable danger pour les données individuelles.

Pokémon Go a besoin de nombreuses autorisations pour fonctionner et il réclame notamment un accès complet à l’appareil photo du terminal mais également à ses données de localisation.

Espionnage Pokémon Go

Pokémon Go aurait la fâcheuse tendance à se montrer un peu trop curieux.

Comme si cela ne suffisait pas, il demande aussi un accès au stockage de l’appareil et au carnet d’adresses de l’utilisateur.

Pokémon Go se montre parfois un peu trop curieux

En s’appuyant sur toutes ces informations, il est donc capable de nous suivre à la trace et il peut également accéder à toutes les photos prises par le téléphone. Comme si cela ne suffisait pas, pour pouvoir utiliser l’application, les apprentis chasseurs de Pokémon devront se connecter à l’aide d’un de leurs comptes.

Pokémon Go aura donc accès à toutes leurs informations basiques, des informations comme leur nom, leur prénom, leur sexe, leur date de naissance ou même leur adresse et leur numéro de téléphone. Du moins pour ceux qui ont scrupuleusement complété leur profil.

Et ce n’est pas fini. Comme Niantic l’a rappelé à plusieurs reprises, le studio s’est aussi donné le droit de recueillir des informations portant sur le terminal utilisé par l’utilisateur, des informations comme son identifiant, son système d’exploitation ou même certains paramètres.

Le plus problématique, dans l’histoire, c’est que toutes les données collectées par l’application sont conservées par le studio sans aucune limite de durée, et ce même si l’utilisateur décide subitement de supprimer son compte.

C’était encore pire à la sortie du titre puisque Pokémon Go s’octroyait alors un accès direct et complet au compte Google des utilisateurs. Niantic avait d’ailleurs plaidé l’erreur involontaire à l’époque mais certains observateurs avaient tout de même tiré la sonnette d’alarme et ils viennent de remettre le couvert en pointant du doigt le passé trouble du CEO de l’entreprise, John Hanke.

Mais qui est John Hanke, l’homme à la tête de Niantic ?

Si ce nom vous rappelle vaguement quelque chose c’est tout à fait normal car il a travaillé pendant de longues années pour Google avant de prendre ce poste. Il se trouvait en effet à la tête du département consacré à Street View et cela n’a d’ailleurs rien de surprenant car il possédait la startup qui a servi de fondation au service Google Earth.

Mais ce n’est pas le plus intéressant car l’homme a été directement impliqué dans le scandale lié à Google Maps en 2010. En analysant plusieurs réseaux, des experts s’étaient en effet rendus compte que les véhicules de Street View étaient équipés d’une technologie capable de surveiller le trafic en provenance des réseaux WiFi non protégés.

L’affaire avait fait beaucoup de bruit à l’époque et elle avait débouché sur l’ouverture de plusieurs enquêtes aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne ou même en France.

John Hanke avait prétendu ne rien savoir à l’époque et Google avait fini par faire porter le chapeau à un de ses ingénieurs, un homme du nom de Marius Milner. Forbes lui avait d’ailleurs dédié un article complet, un article s’arrêtant sur son parcours.

Ce nom vous rappelle vaguement quelque chose ? C’est tout à fait logique car il est un des inventeurs de Pokémon Go et son nom apparaît même sur le brevet déposé par Niantic pour protéger Ingress. Un brevet qui explique en long, en large et en travers le concept du titre et qui contient un passage très intéressant :

« Le but du jeu est intimement lié à la collecte de donnée, ce qui inclut la collecte d’informations dans le monde réel et ces informations acquises font partie de la condition pour progresser dans le titre. Le réel challenge consiste à motiver les joueurs à fournir constamment des données, même après l’engouement suscité par la découverte du titre. La collecte d’informations se doit d’être aussi divertissante que possible. »

Le ton est donné, donc, et on comprend évidemment pourquoi certaines personnes s’inquiètent de l’engouement suscité par Pokémon Go. Maintenant, il faut aussi rappeler que le titre de Niantic n’est pas le seul à s’intéresser à nos vies. En réalité, il en va de même pour tous les géants de l’informatique et du web.

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