Polémique autour du nouveau système de protection des F1

La saison de Formule 1 se poursuit et voit déjà apparaître des polémiques quant aux modifications sécuritaires prévues pour la saison prochaine, qui débutera en mars 2018.

En effet, les monoplaces changeront de visage avec l’implantation d’un « Halo », un arceau de sécurité en titane placé devant le volant, et donc devant le champ de vision des pilotes.

Un équipement inédit qui modifiera de manière radicale l’aspect historique et si atypique des monoplaces.

Polémique entre tradition et modernité sécuritaire

La Fédération Internationale Automobile (FIA) a annoncé le 21 septembre dernier cette nouvelle mesure de sécurité lors d’un conseil mondial qui s’est déroulé dans la capitale. Pas de surprises, puisque la FIA avait déjà déclaré sa volonté de légiférer sur le sujet, malgré l’opposition des écuries.

En effet, toutes allaient contre ce projet lors d’un vote consultatif en juillet dernier… sauf Ferrari. Cette absence générale d’enthousiasme se fait également ressentir auprès des pilotes. Un paradoxe quand on pense qu’il s’agit d’un dispositif destiné à améliorer leur sécurité.

Et pourtant, cet arceau central situé derrière le centre du volant et se prolongeant de chaque côté est loin de faire l’unanimité. Sa colonne centrale sépare le champ de vision du pilote, et c’est un des arguments mis en avant depuis le premier essai réalisé par Kimi Räikkönen en février 2016.

« La visibilité n’est pas aussi bonne que ce que j’imaginais » expliquait Kevin Magnussen après son premier test effectué à Mexico. « Sur des circuits avec du relief, cela peut poser problème. » Suite à ces remarques, la Fédération a revu sa copie pour affiner la colonne centrale de 20 mm à 16 mm.

Plus de finesse aurait sans aucun doute trop impacté la résistance et la solidité de l’arceau. Pour autant, la fédération garantit la satisfaction d’une grande majorité de pilotes quant à la visibilité. Certains ont eu une sensation accentuée de claustrophobie lors des premiers essais.

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Certains observateurs estiment que le Halo perturberait l’extraction des pilotes en cas d’urgence (notamment si le véhicule est retourné), manoeuvre qui doit s’effectuer en moins de cinq secondes selon la réglementation. La FIA assure que cette protection ne changera en rien ce laps de temps.

Un Halo qui a fait ses preuves

La polémique s’étend également (et surtout) à l’esthétique générale de la monoplace, qui est totalement chamboulée une fois cet artifice greffé. Selon le français Romain Grosjean, le Halo « va à l’encontre de l’ADN de la F1. C’est lourd, 3,5 à 4,5 kg, alors que nous avons déjà des problèmes de poids dans la monoplace et c’est moche. »

Un avis catégorique partagé par de nombreux pilotes. « Il ne faut pas que la nouvelle solution en matière de sécurité affecte l’esthétisme et le style cool, futuriste et élégant d’une F1 » affirme Lewis Hamilton. Le légendaire Niki Lauda pense qu’il aurait été plus pertinent de trouver un système qui ne gâche pas l’apparence des monoplaces.

Williams s’est montré rassurant en alignant leurs F1 dotées d’un Halo blanc parfaitement intégré au Mexique et aux États-Unis l’an dernier. Selon Charlie Whiting, directeur de course à la FIA, les équipes n’ont pas exploré toutes les possibilités pour les rendre un peu plus plaisants à l’oeil. De quoi jouer sur les couleurs pour rendre l’ensemble plus harmonieux.

Certaines écuries ont commencé à les proposer à leurs partenaires commerciaux. En résulte une marque de lunettes (logique) affichée sur celui de Ferrari. Jean Todt, président de la FIA, a émis l’hypothèse que le Halo devienne une sorte de Graal, avec une couleur spécifique pour le leader du Championnat du monde, à la manière du maillot jaune lors du Tour de France.

En attendant, l’efficacité du Halo a été prouvée. En 2015, bien avant les premiers essais réels, un prototype en acier de chez Mercedes avait résisté au choc d’une roue de 20 kilos projetée à 225 km/h. De quoi permettre au pilote de garder sa tête sur les épaules en cas de choc. Sebastian Vettel précise que « l’on ne peut avoir le moindre doute à l’esprit à propos de l’introduction du Halo. » Idem pour Daniel Ricciardo : « Le danger en F1, ce n’est pas de se prendre une roue dans la tête ! »

De quoi éviter de nombreux accidents, ou du moins réduire fortement l’intensité de ceux-ci. La polémique perdure entre une « hyper sécurisation » de la F1 qui lui fait perdre de son charme, et estompe le goût du risque, et entre une logique avancée sécuritaire, dans une F1 où la ceinture de sécurité n’existait pas il y a 50 ans !

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