Pollution de l’air : Top 10 des villes européennes où il ne fait pas bon vivre

En collaboration avec des chercheurs de l’Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH) et de l’Université d’Utrecht, l’Institut de Barcelone pour la santé mondiale (ISGlobal) a réalisé pour la première fois une étude d’impact sur la santé qui évalue le taux de mortalité causée par la pollution de l’air dans plus de 1000 villes européennes.

Dans cette étude publiée dans The Lancet Planetary Health on retrouve un classement des villes européennes avec les taux de mortalité les plus élevés, imputables à deux polluants atmosphériques : les particules fines (PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2).

Photo d'une ville fortement polluée

Crédits Pixabay

D’après les résultats de cette étude, 125 000 morts et 79 000 décès prématurés pourraient être évités chaque année si toutes les villes analysées réduisaient respectivement les concentrations de PM2, 5 et de NO2 aux niveaux recommandés par l’OMS.

La pollution atmosphérique n’est jamais inoffensive pour notre santé

La ville de Brescia et la région métropolitaine de Madrid figurent donc en tête de liste pour un taux de mortalité naturel associé aux PM2,5 de 15 % et associé au NO2 de 7 %. Par contre, les pourcentages de mortalité attribuables aux deux polluants étaient les plus bas dans les villes du nord de l’Europe.

Dans les grandes villes de pays comme l’Espagne, la Belgique, l’Italie et la France, les taux de mortalité attribuables au NO2, un gaz toxique principalement associé au trafic automobile, étaient particulièrement élevés.

Par ailleurs, la vallée du Pô en Italie, le sud de la Pologne et l’est de la République Tchèque étaient les villes les plus sujettes à une mortalité associée aux PM2,5, des particules qui sont liées non seulement au trafic automobile, mais également aux autres combustibles utilisés dans l’industrie, le chauffage domestique et la préparation des aliments.

Top 10 des villes européennes les plus « atmosphériquement » polluées

Les niveaux moyens de chaque polluant dans chaque ville ont été déterminés à partir de la combinaison de trois modèles mathématiques, en comparant les valeurs de 2015 aux données de 2018.

Un score de charge de mortalité calculé à l’aide d’un logarithme tenant compte des taux de mortalité, de pourcentage de décès prématurés annuels évitables et des années de vie perdues pour chaque polluant atmosphérique a ensuite été attribué à chaque ville afin de faire une comparaison.

Les 10 villes avec un pourcentage élevé de mortalité attribuable aux PM2, 5 sont donc :

  • 4 villes d’Italie, dont Brescia, Bergame, Vicence, Saronno ;
  • 3 villes de la République Tchèque dont Karviná, Ostrav, Havířov ;
  • 3 villes en Pologne dont la métropole silésienne, Jastrzebie-Zdrój et Rybnik.

Les 10 villes avec un pourcentage élevé de mortalité attribuable au NO2 sont quant à elles :

  • 3 villes situées en Espagne, dont Madrid (zone métropolitaine), Barcelone (zone métropolitaine) ;
  • 2 villes en Belgique, dont Anvers et Bruxelles ;
  • 2 villes d’Italie dont Turin et Milan (région métropolitaine) ;
  • 2 villes de France dont Paris (région métropolitaine) et Argenteuil-Bezons,
  • et finalement Herne en Allemagne.

Il faudra revoir les niveaux d’émissions en matière de pollution atmosphérique

D’après les résultats de cette étude, il n’existe aucun seuil d’exposition sûr en dessous duquel la pollution atmosphérique ne nuit pas à la santé. Ces résultats montrent également qu’il y a une faille dans la législation européenne actuellement en vigueur concernant la protection des personnes et de leur santé.

Ce qui suggère qu’il est maintenant nécessaire de réviser les niveaux maximums de dioxyde de carbone, de dioxyde d’azote et de particules fines autorisés, en vue d’établir des politiques de planification urbaine et de transport, conforme à ces niveaux et visant à améliorer la santé de la population.

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