Pornhub s’est trouvé une nouvelle ennemie

Pornhub s’est trouvé une nouvelle ennemie, en la personne de Jeanette Westbrook. Victime d’une agression sexuelle dans son enfance, cette dernière demande au Canada de prendre des mesures contre Mindgeek, l’entreprise à laquelle appartient le site.

En temps normal, les médias canadiens n’identifient pas nommément les personnes victimes de violences sexuelles. Et ce afin de leur permettre de rester anonymes.

Une photo mettant en scène un acte de violence
Photo de Nino Carè. Crédits Pixabay

Jeanette Westbrook a cependant pris la parole durant une conférence de presse afin de revenir sur le traumatisme qu’elle a vécu et qui remonte à quelques années en arrière.

Pour Jeanette Westbrook, certains crimes ne disparaissent jamais

Lors de son allocution, elle a ainsi expliqué avoir été victime, durant l’enfance, d’une agression sexuelle orchestrée par plusieurs individus.

Non contents de la meurtrir dans sa chair, ces derniers ont aussi enregistré toute la scène sur un film de huit millimètres. Un point sur lequel Jeanette a beaucoup insisté.

Si elle a autant insisté dessus, c’est parce qu’elle estime qu’une agression sexuelle ne s’arrête pas à la fin de l’acte. Elle se poursuit en effet lorsqu’elle est diffusée, par un moyen ou un autre.

Un appel à l’action

Cette notion de diffusion est importante. A l’époque où Jeanette a été victime de cette agression, les moyens d’enregistrement étaient limités. Désormais, la situation est très différente. Un simple téléphone, même de qualité moyenne, suffit en effet à capturer de la vidéo en haute définition. Et une simple tape permet ensuite de la partager sur Internet.

C’est évidemment un problème. Une fois la vidéo en ligne, elle devient difficile à contenir. Quelques clics suffisent en effet à la dupliquer et à la diffuser sur de nouveaux canaux. Et s’il existe des protections, comme des systèmes d’empreintes uniques permettant de tracer des contenus, elles restent malheureusement perfectibles.

En conséquence, Jeanette Westbrook estime que les victimes de ces agressions diffusées en ligne font face à un crime “auquel elles ne peuvent jamais échapper”, et ce même après leur mort.

Le Canada travaille sur un nouveau dispositif

Elle demande donc au Canada de prendre des mesures et de mettre au point un dispositif législatif afin de contraindre les diffuseurs à prendre leurs responsabilités.

Elle n’est d’ailleurs pas seule à adresser une telle demande au gouvernement canadien. Son intervention s’est inscrite dans le cadre d’une action menée mardi par un comité d’éthique piloté par Charlie Angus. Comité qui pense que des sites comme Pornhub, YouPorn ou même xHamster ont agi trop longtemps dans l’impunité la plus totale.

Il faut rappeler qu’en fin d’année dernière, le Times a publié un article dans lequel nos confrères révélaient l’existence de nombreux contenus illicites, illégaux et immoraux sur Pornhub. Des contenus impliquant notamment de la pornographie non consensuelle et des agressions sur personnes mineures.

Des mesures risquent d’être prises contre Pornhub

Face à la situation, le géant a donc supprimé tout le contenu partagé par les utilisateurs non enregistrés, soit environ 80 % de son catalogue.

Cela n’a cependant pas suffi à apaiser la situation. Pornhub a même été attaqué en justice par plusieurs victimes du studio Girls Do Porn. Le Canada, de son côté, a fait savoir qu’il allait présenter un nouveau projet de loi afin d’assurer la sécurité des internautes et de s’assurer que de telles exactions ne se reproduisent pas.

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