Pornhub poursuivi par des victimes de trafic sexuel

Pornhub se retrouve une nouvelle fois dans une situation compliquée. Deux survivants de la traite des enfants ont en effet pris la décision d’intenter une action en justice à l’encontre du propriétaire du site, MindGeek, qu’ils accusent d’avoir “exploité du matériel dépeignant des abus sexuels d’enfants à des fins lucratives”.

Pour comprendre cette plainte, il faut retourner dans le passé et revenir à la fin de l’année dernière.

Une femme se tenant le visage dans les mains
Photo de Anthony Tran – Unsplash

Suite à une enquête de longue haleine, le New York Times a publié un article à charge contre Pornhub. En cause, des vidéos montrant des rapports sexuels non sollicités mettant en scène des personnes mineures ou apparentées à du revenge porn.

Pornhub dans la tourmente

La réaction a été immédiate. Visa et MasterCard ont suspendu leurs accords avec le site et Pornhub a fait immédiatement face à une véritable levée de boucliers de la part des associations de protection de l’enfance.

Acculé, le géant n’a eu d’autre choix que de suspendre les uploads pour tous les utilisateurs non enregistrés, et de supprimer ensuite tous leurs contenus de sa plateforme. Des millions de vidéos sont alors passées à la trappe.

Dans la foulée, Pornhub a également annoncé toute une série de mesure afin d’éviter que le pire ne se reproduise. Des mesures qui semblent ne pas avoir calmé les esprits. Après une première plainte émanant des victimes du studio Girls Do Porn, le géant du porno fait désormais face à une seconde action en justice.

L’action en question a été intentée par des personnes identifiées par les pseudonymes Jane Do N°1 et Jane Do N°2.

Une plainte qui risque de coûter cher à MindGeek

D’après la plainte, elles ont toutes les deux été victimes d’un trafic sexuel durant leur enfance, un trafic qui a conduit à la réalisation et à la diffusion de vidéos et de photographies sur des plateformes spécialisées. Plateformes appartenant, toujours selon la plainte, à MindGeek. Soit au propriétaire de Pornhub, YouPorn, Redtube ou encore Tube8.

Le document déposé par les avocats des plaignantes explique également que “le modèle commercial de MindGeek a facilité une montée massive de la pornographie juvénile en facilitant l’accès et la distribution de ces horribles scènes de crime dans le monde entier”. Des accusations graves. Cependant, et comme le précise l’une des avocates, l’objectif de cette action en justice n’est pas de “casser” Internet, mais plutôt de le “réparer”.

Autrement dit, les plaignantes ne sont pas là pour restreindre les droits des éditeurs de ces sites ou pour demander leur censure, mais plutôt pour faire en sorte que l’histoire ne se répète pas.

Des récits glaçants

Reste que les récits des deux plaignantes sont glaçants. Jane Doe N°1 explique ainsi qu’elle avait 16 ans lorsqu’elle a été droguée et violée par un homme originaire de Tuscaloosa en Alabama, un homme qui avait ensuite utilisé le programme Modelhub de Pornhub pour diffuser les vidéos tournées durant l’agression. Un problème évident pour MindGeek qui prend 35 % de commissions sur ces contenus et qui a donc financièrement profité de la mise à disposition de cette vidéo.

L’histoire de Jane Doe N°2 est tout aussi terrifiante. Elle explique ainsi qu’elle était encore mineure lorsqu’un trafiquant sexuel l’a forcée à participer à des vidéos sexuellement explicites. Des vidéos impliquant des hommes adultes et qui ont une fois encore fini sur Pornhub et sur d’autres sites de MindGeek.

De son côté, le principal intéressé n’a pas souhaité commenter l’affaire.

Mots-clés pornhub