Portland : les drones de loisir interdits de vol autour des bâtiments fédéraux

Suite aux événements récents survenus à Portland, aux États-Unis, le département de la Sécurité Intérieure (DHS) vient de demander l’interdiction officielle de l’usage des drones autour des bâtiments fédéraux de la ville. Les immeubles concernés par cette interdiction sont l’Edith Green-Wendell Wyatt Federal Building et le Palais de Justice fédéral. Selon Reuters, les drones visés par l’interdiction sont soupçonnés de surveiller illicitement les agents gouvernementaux.

Pour rappel, les manifestations de Portland, Oregon, se sont intensifiées depuis le 12 juillet 2020 suite à la décision de Trump de déployer les forces fédérales dans la ville. Dès lors, les émeutes se sont concentrées autour des deux bâtiments. Les forces de l’ordre ont alors eu du mal à contrôler la foule comme en témoignent plusieurs vidéos en ligne montrant des officiers non identifiés faisant usage de la force lors de l’interpellation des activistes.

Un drone dans le ciel

Photo de asoggetti – Unsplash

L’interdiction demeurera en vigueur jusqu’au 16 août 2020 et concernera tous les drones volant à une altitude de moins de 305 mètres dans un rayon de 1,85 km autour des deux bâtiments.

Deux poids, deux mesures

Pour la petite histoire, au mois de juin dernier, les membres du Congrès ont demandé des informations concernant l’utilisation par les agences fédérales de drones pour la surveillance des manifestants dans plusieurs villes américaines. La demande fait suite aux incidents survenus au mois de mai 2020, lorsqu’un drone de surveillance Predator appartenant au Service des douanes et de la protection des frontières a survolé en boucle des manifestants à Minneapolis.

Les membres du Congrès ont alors exigé que « cessent toutes les surveillances des Américains engagés dans des protestations pacifiques. »

Aujourd’hui, ce sont les forces de l’ordre elles-mêmes qui interdisent l’utilisation des drones aux alentours de l’Edith Green-Wendell Wyatt Building et du Palais de Justice. Selon un porte-parole du DHS, les drones peuvent « être utilisés pour fournir des informations qui permettent aux opportunistes violents de contourner les officiers, d’agir dans la commission d’un crime et de mettre en danger la sécurité publique […] ».

Des tensions qui sont loin de se dissiper

Selon un porte-parole de la Federal Aviation Administration (FAA), les nouvelles restrictions de vol à l’encontre des drones ont pris effet depuis le 16 juillet 2020. Le responsable rajoute que les nouvelles directives ont été mises en application suite à la requête du Département de la Sécurité intérieure.

Précisons de plus que selon les règles de la FAA, ces engins sont interdits de vol au-dessus des personnes et des véhicules en mouvement, la nuit ou à des hauteurs de plus de 400 pieds. Ils n’avaient déjà donc pas le droit de voler autour des manifestants, mais cette restriction n’a pas été respectée par les deux parties en conflit.

Indéniablement, à l’approche des élections présidentielles américaines, les tensions continuent de monter dans l’Oregon. Les responsables locaux de Portland sont même allés jusqu’à critiquer les opérations du DHS, tout comme le procureur général de l’Oregon qui a déposé une plainte contre les agences fédérales pour interpellations et détentions non justifiées.