Pour ces chercheurs, le secret pour lutter contre l’obésité se trouve dans les gènes des animaux qui hibernent

L’hibernation est une capacité assez bizarre qu’on retrouve chez les mammifères, et il demeure un sujet de recherche intéressant pour l’homme. Une étude prouverait en effet que l’obésité et certains troubles métaboliques pourraient être contrôlés en s’inspirant des gènes des animaux qui hibernent.

En effet, l’hibernation incite des mammifères (les ours sont les plus connus) à accumuler un maximum de graisse pour pouvoir tenir des mois sans se nourrir, et sortir de cet état transitoire en très bonne santé. Justement, des chercheurs de l’Université de l’Utah Health, conduits par le Professeur Christopher Gregg, ont découvert de nouveaux indices génétiques sur ce phénomène, en étudiant différentes espèces de mammifères qui hibernent.

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Ces indices faciliteraient la compréhension du fonctionnement du métabolisme pour pouvoir dégager des solutions qui traiteraient l’obésité et d’autres types de désordres métaboliques affectant des millions d’individus dans le monde entier.

Quatre espèces qui hibernent ont été étudiées

« Les animaux qui hibernent ont développé une incroyable capacité à contrôler leur métabolisme », déclare Christopher Gregg. Le métabolisme est un facteur déterminant dans le risque d’atteinte d’obésité, de diabète de type 2, de cancer et de la maladie d’Alzheimer chez un être humain.

La compréhension des parties du génome liées à l’hibernation nous permettrait alors d’apprendre à contrôler les risques de certaines de ces grandes maladies.

Dans leurs recherches, Gregg et son équipe ont ainsi cherché à savoir si les espèces qui hibernent pourraient les aider à détecter des parties du génome qui jouent un rôle important dans le contrôle de l’obésité. Pour ce faire, ces chercheurs se sont concentrés sur quatre mammifères hibernant, dont une espèce d’écureuil, la petite chauve-souris brune, le lémurien gris et le tenrec de Madagascar (une espèce de hérisson).

Des gènes qui permettraient de contrôler le métabolisme

D’après l’équipe, les mammifères qui hibernent ont ainsi mis au point des méthodes permettant de désactiver des éléments génétiques spécifiques contrôlant l’activité des gènes de l’obésité par rapport aux mammifères qui n’hibernent pas.

Il existerait ainsi un lien entre les gênes de ces mammifères et ceux de l’obésité de l’être humain. Elliot Ferris, un membre de l’équipe explique : « en rassemblant les données sur des humains et des animaux en hibernation, nous avons été en mesure de découvrir des commutateurs de contrôle dans le génome, principaux candidats au contrôle de l’obésité chez les mammifères ».

Les chercheurs ont ainsi identifié plus de 360 éléments génétiques potentiels qui pourraient jouer un rôle dans la régulation de l’hibernation et de l’obésité. Et en prime, cette recherche a permis d’entrevoir une piste pour le traitement de la démence ou même de la vieillesse.

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