Pour Ovidie, Snapchat facilite la prostitution de mineures et l’accès au porno

Éloïse Becht, plus connue sous le pseudonyme d’Ovidie, est une ancienne réalisatrice et actrice de films pour adultes. Titulaire d’un doctorat en littérature, elle est également écrivaine et documentariste. À la fois militante féministe et mère de famille, elle réalise une série de documentaires antisexistes intitulée « Intime & Politique ».

Le but de l’émission audio est de réinventer une éducation sexuelle adaptée à l’ère numérique.

L'écran de Snapchat

Crédits Pixabay

Ovidie a une fille. Elle a avoué être parfois tiraillée par rapport au fait d’être à la fois féministe et maman. « En tant que féministe, j’ai envie de lui dire que la rue lui appartient comme à n’importe qui. Et en tant que mère bah j’ai envie de la garder en sécurité », a-t-elle affirmé.

La documentariste admet que les phénomènes liés aux violences sexistes ne sont plus banalisés comme avant les années 1990. Toutefois, elle a souligné que ces agressions ont pris d’autres formes et acquis une certaine ampleur sur les réseaux sociaux.

De nouveaux moyens de s’exhiber

Ovidie a dénoncé les applications mobiles, comme Snapshat, Instagram et Tiktok, en tant que nouveaux moyens, pour certains hommes, de s’exhiber, rapportent les Inrocks. Elle a assimilé les hommes qui envoient des dick pic (ou photos de pénis) non-sollicités à ceux qui montraient, autrefois, leur pénis aux adolescentes à la sortie de l’école. « L’idée reste la même finalement : déranger, choquer, et asseoir une forme de domination en exhibant son pénis », a-t-elle souligné.

L’actrice française essaie de donner des conseils aux parents désemparés face à des problèmes que leurs enfants peuvent subir au quotidien, comme le harcèlement de rue. Elle participe également à la conception d’actions de prévention dans les lycées. Elle a raconté que la quasi-totalité des lycéennes qu’elle a interrogées ont confié avoir déjà reçu un dick pic.

Une dangereuse incitation à la prostitution de mineures

En outre, elle a insisté sur le fait que l’espace numérique est un espace réel. Elle a rappelé que la moyenne d’âge des mineures exposées à la pornographie est de 13 ans. Elle a également raconté qu’un sondage réalisé en 2018 avait révélé que, dans le département où elle habite, plus de 73 % des femmes interrogées ont confié avoir été victimes de harcèlement de rue.

Ces statistiques alarmantes équivaudraient à une dangereuse incitation à la prostitution des mineures. « Sur Snapchat, il y a de la prostitution de mineures, et un ado peut s’abonner à un compte de vidéos pornos », a-t-elle dénoncé.

En résumé, la solution qu’elle propose aux parents est de discuter ouvertement de ces problèmes avec leurs enfants et de les aider à développer des « techniques de survie ». « Un jour, l’une d’entre elles [lycéennes] m’a raconté qu’elle avait essayé d’en parler avec sa mère qui avait tout de suite paniqué. Alors depuis, elle préfère éviter le sujet, » a-t-elle raconté. « Ça a créé en moi une sorte de déclic : je n’ai pas envie d’élever ma fille dans un climat de peur, et j’ai envie qu’elle se sente à l’aise de m’en parler, surtout ».

Mots-clés snapchat