Pour trouver des extraterrestres, il va peut-être falloir commencer à réfléchir comme des extraterrestres

Cela fait des années que les extraterrestres sont partout : dans les films, les séries, les livres… mais existent-ils pour de vrai ? Jusqu’à présent, aucune preuve concrète n’a encore permis de répondre clairement à cette question, mais les scientifiques sont bien décidés à y arriver.

Pour se faire, ils ont pris la décision de revoir leurs méthodes de recherche et certains d’entre eux ont posé récemment des questions très intéressantes, des questions ouvrant le champ des possibles : et si on n’arrivait pas à trouver des traces de vie extraterrestre parce qu’on mène nos recherches en pensant comme des humains ? Et si ce qu’il fallait faire, c’est d’essayer de penser comme des extraterrestres ? D’adopter leur point de vue sur une autre planète ? La nôtre par exemple ?

Etude extraterrestres

Crédits Pixabay

Ces questions ont poussé le projet « Breakthrough Listen » à changer d’angle d’attaque dans ses manières de rechercher de signaux extraterrestres.

Les chercheurs sous la loupe des anthropologues

Le projet Breakthrough Listen a été mis en place en 2015 dans le but de rechercher des signes de vie intelligente extraterrestre (SETI). Avec un budget de 100 millions de dollars, le projet rassemble des chercheurs venant du monde entier qui utilisent des équipements de haute technologie pour capter des signaux intelligents venant de l’espace.

Décidés à aborder leurs recherches du  point de vue des extraterrestres, les scientifiques de la division SETI ont fait appel à des anthropologues pour les aider à y parvenir. Ces derniers ont pour mission d’« étudier » les chercheurs et la manière dont ils mènent leurs travaux.

Le but est de « remarquer le comportement humain d’une manière qui pourrait pousser le SETI à effectuer de nouveaux types de recherches », comme l’explique Claire Webb, étudiante en anthropologie et histoire des sciences au Massachusetts Institute of Technology.

Se mettre à la place des extraterrestres pour les trouver

Cela fait bientôt trois ans que Claire Webb travaille avec le projet Breakthrough Listen. Depuis 2017, elle observe et note comment les scientifiques du SETI essaient de penser comme les extraterrestres, mais aussi comment ils mènent leurs recherches…

Veillant à rester parfaitement neutre, elle n’intervient que lorsqu’elle constate des tendances anthropocentriques dans le travail des chercheurs. (Anthropocentrisme : le fait d’appréhender la réalité à travers la seule perspective humaine. [NDLR])

Le but est d’empêcher les scientifiques du projet Breakthrough Listen de s’enliser dans les suppositions trop humaines, car ce sont peut-être ces dernières qui entravent leurs efforts pour écouter et comprendre les messages extraterrestres qu’ils sont peut-être parvenus à capter.