Présidentielle : La Marine demande un deuxième porte-avions

La Marine Nationale demande aux candidats à la Présidentielle de s’engager à propos du second porte-avions français.

Un investissement estimé à 4,5 milliards d’euros qui a fait couler beaucoup d’encre. En effet, il a souvent été évoqué, mais n’a jamais vu le jour, faute d’un report perpétuel.

Pendant ce temps, les États-Unis lancent leur nouveau fleuron, l’USS Gerald R. Ford, un porte-avions nucléaire moderne de 337 mètres de long.

Un seul et unique porte-avions

La France possède un seul porte-avions, le Charles De Gaulle, mis en service en 2001. Un porte-avions remarquable qui a parcouru 1 200 000 kilomètres autour du globe et effectué 41 000 catapultages à ce jour. Il a participé à diverses missions au large de l’Afghanistan, de la Libye, de l’Irak et de la Syrie.

Il vient d’entrer en cale sèche à Toulon pour y subir un chantier de remise à niveau d’une durée de… dix-huit mois. Dix-huit mois pendant lesquels la France n’aura aucun porte-avions sous le coude. Période qui s’ajoute aux dix-huit mois du premier Arrêt Technique Majeur (ATM) en 2007, puis aux huit mois d’Indisponibilité pour Entretien Intermédiaire (IEI) en 2013.

Au total, cela fera trois ans et demi passés en réparation sur les seize années de service. Trois ans et demi sans aucun groupe aéronaval pour la France.

Durant cette période, les « 42 000 tonnes de diplomatie » du porte-avions vont être entièrement modernisés pour reprendre la mer « comme neuf et amélioré », dans le but d’un maintien en service jusqu’en 2041.

L’intérêt d’un second porte-avions

À l’heure des coupes budgétaires massives, le sujet tabou du second porte-avions peut paraître obsolète. Il est vrai qu’il faut prendre les armées dans leur globalité et espérer une équité financière entre celles-ci, pour assurer un nombre de personnels important ainsi que des équipements et des armements efficaces (Tenues, protections, fusils, etc.).

De plus, l’idée a été reportée, car un second porte-avions aurait pu être vu d’un mauvais œil par l’opinion publique.

Cependant, à l’heure du climat tendu entre les États-Unis et la Corée du Nord, du terrorisme et des divers conflits dans le monde, la présence du porte-avions serait indispensable au sein de la Marine. Même si les sous-marins sont les gardiens de la dissuasion nucléaire, l’outil polyvalent qu’est le porte-avions reste fondamental dans la hiérarchie navale.

Le Charles de Gaulle en réparation à Toulon

Un second porte-avions permettrait de compenser une indisponibilité pour arrêt technique, et ainsi une permanence à la mer. Il permettrait également une meilleure représentation nationale sur les mers du globe.

La modernité de celui-ci serait également nécessaire pour maintenir la crédibilité de la France face aux nations du monde. Par exemple, le dernier-né américain mesure 333 mètres contre 261 mètres seulement pour le Charles De Gaulle, et surtout il peut embarquer 80 avions, contre seulement 40 pour le porte-avions français.

Les États-Unis vont à terme en posséder douze, la Chine deux, et trois pour l’Inde et le Royaume-Uni.

Heureusement, la France possède trois Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) porte-hélicoptères dernier cri, ainsi que deux frégates antiaériennes modernes (Forbin et Chevalier Paul).

Les caractéristiques ne font pas tout, certes. Les chiffres font état de l’hégémonie américaine. Mais le retard s’accumule vite à cette triste époque dans laquelle le contexte diplomatique devient rapidement inquiétant. Espérons que le nouveau gouvernement réponde de manière positive à la demande des marins et renforce ainsi la force militaire française.

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