Prise en main du MEIZU MX3

Meizu a organisé ce matin une conférence de presse sur Paris pour annoncer son arrivée dans l’hexagone, une nouvelle qui n’a évidemment pas surpris grand monde dans la salle. Toutefois, le constructeur ne s’est pas présenté les mains vides et il a ainsi eu la très bonne idée de placer plusieurs MX3 a des endroits stratégiques. Après avoir bousculé quelques journalistes et piétiné un ou deux blogueurs, votre humble serviteur est parvenu à mettre la main sur un exemplaire. Voici mes impressions à chaud.

Avant d’aller plus loin, un bref récapitulatif s’impose, parce que tout le monde ne connaît pas forcément l’histoire de Meizu (désolé pour ceux qui ont une profonde connaissance du marché chinois) (en même temps c’est la vie, on est pas tous logés à la même enseigne) (et j’ouvre autant de parenthèses que je veux).

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Comme son nom ne l’indique pas forcément, Meizu a vu le jour en Chine en 2003. A l’époque, la firme produisait uniquement des baladeurs mais elle a décidé de se lancer sur le secteur des smartphones en 2007, alors que la Fredzone faisait ses premiers pas sur le web mondial. Les deux événements sont-ils liés ? Chacun en tirera les conclusions qui s’imposent. Je ne peux rien dire de plus, sinon des ninjas tueurs risquent de débarquer chez moi à l’improviste.

Je sais que les ninjas sont japonais, moi aussi je regarde Naruto.

Mais voilà, si les ingénieurs de Meizu savaient faire du hardware, ils n’étaient pas très branchés software. Le truc vraiment drôle, c’est que la boîte avait prévu à la base de lancer un smartphone sous… Windows ! Vous avez le droit de rigoler. Bien heureusement, un petit robot vert est arrivé sur le marché, sauvant nos amis chinois de quelques possibles déconvenues.

Et aujourd’hui,  Meizu détient 6% de parts  de marché en Chine. Ce qui représente la bagatelle de 20 millions de clients. Depuis, le constructeur s’est exporté à Hong Kong et il s’intéresse de près à l’Europe. A terme, il compte également se lancer sur le territoire Nord-Américain et même en Amérique Latine, mais ce n’est pas encore pour tout de suite.

Quand on veut conquérir le monde libre, il vaut mieux procéder par étapes.

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Meizu MX3 : un terminal qui a de la gueule

Faut bien l’avouer, le MX3 a plutôt une mine avenante. Il fait la part belle au plastique, forcément, mais il ne manque pas de charme pour autant. S’il fallait le décrire en quelques mots, on pourrait dire qu’il ressemble à un iPhone 3G venu du futur. Je pense que cette impression vient surtout de la LED située sous l’écran. Là, on se croirait dans TRON, ce qui ne manquera sans doute pas de vous donner quelques vapeurs. Ça a été mon cas en tout cas.

Donc le MX3 est plutôt joli à regarder et son constructeur a plutôt bien fait les choses car il reste très compact malgré son écran de 5,1 pouces grâce à des bordures extrêmement fines.

Sinon, et bien le bouton de mise sous tension est placé sur la tranche supérieure du terminal, non loin de la prise casque. Les boutons dévolus au contrôle du volume sont sur la tranche gauche et autant dire que ce n’est pas la configuration la plus pratique du monde.

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Meizu MX3 : de la puissance mais pas de 4G (c’est balot hein)

Le MX3 n’a pas grand chose à envier à la concurrence, du moins pas sur le papier. Il a ainsi droit à un bel écran de 5,1 pouces capable d’afficher une définition proche du 1080p (1800×1080), pour une densité de pixels de 415 ppp. Il est animé par un Exynos 5 composé de quatre coeurs cadencés à 1,6 GHz (Cortex A15) et de quatre autres coeurs cadencés à 1,2 GHz (Cortex A7). Attention cependant car ils ne peuvent pas fonctionner en simultanée. Ce serait beaucoup trop facile. Les quatre coeurs les plus rapides se chargeront des tâches les plus compliquées tandis que les quatre autres s’occuperont des basses besognes.

Ces fameux coeurs sont épaulés par 2 Go de mémoire vive et par un GPU PowerVR SGX 544MP3. En terme de puissance de calcul brute, il n’y a donc aucune inquiétude à avoir.

Niveau stockage, le MX3 se décline en plusieurs versions : 16 Go, 32 Go ou 64 Go. Seule les deux dernières ont droit à une puce NFC. Il vaudra mieux ne pas vous planter à l’achat, d’autant que le terminal n’a pas droit à un port pour cartes micro SD. Il ne sera donc pas possible d’étendre sa capacité de stockage et c’est franchement énervant parce que ce n’est pas le composant qui coûte le plus cher. Et ouais, je ne suis que colère en écrivant ces quelques lignes.

Le capteur du terminal est produit par Sony et il atteint les 8 millions de pixels et il est couronné d’un objectif grand angle capable d’ouvrir à f/2.0. Il pourra capturer des vidéos en Full HD 1080p à 30 images par seconde. Pas de « slow motion », donc. La caméra frontale ne dépasse pas les 2 millions de pixels, ce qui sera largement suffisant dans la plupart des cas.

S’ajoute à cela une batterie de 2 400 mAh. Meizu aurait pu voir un peu plus grand. A titre de comparaison, la batterie du Sony Xperia Z1 atteint les 3 000 mAh, et celle du Samsung Galaxy Note 3 monte carrément à 3 200 mAh. Quitte à choisir, j’aurais préféré une puce moins véloce, moins coûteuse, et une plus grosse batterie.

Je sais, je ne suis jamais content.

Mais le vrai point noir, c’est l’absence de 4G. D’après le représentant de la firme, ce n’est pas un problème parce que Mme Michu (selon ses propres mots) se balance complètement de savoir si son téléphone est compatible avec ce type de réseau. Sur le principe, il n’a pas forcément tort, mais c’est de moins en moins vrai parce que les opérateurs communiquent beaucoup dessus. Et quoi qu’on en dise, la 4G fait vraiment la différence. Elle m’a même sauvé la vie durant LeWeb’13, si vous voulez savoir.

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Meizu MX3 : du « flat design » à tous les étages

Le Meizu MX3 tourne sous Android 4.2, mais ce n’est pas vraiment important car le constructeur n’utilise que le noyau de la plateforme. L’interface a été développée par ses soins et elle ne ressemble pas vraiment à ce que propose la concurrence.

Oubliez le centre de notifications, le multitâche traditionnel ou même les écrans listant toutes les applications installées sur le terminal. Ils répondent tous aux abonnés absent. Flyme OS 3.0, c’est le nom du machin, profite d’une ergonomie inédit et qui rappelle beaucoup iOS. La faute aux visuels ultra dépouillés, sans doute.

Ceci étant, il faut avouer que le coquin s’en sort plutôt bien. Les applications, pour commencer par elles, ont toutes droit à une interface minimaliste et épurée, ce qui les rend extrêmement accessibles. L’unité visuelle est respectée, on a immédiatement la sensation d’être face à un écosystème rationnel et équilibré.

Il y a quelques trucs sympathiques au niveau de la plateforme, aussi. Je pense notamment à ce système de balayage qui fera apparaître une barre constituée de raccourcis rapides ou bien les applications en cours d’exécution sur le terminal. Pas besoin d’appuyer sur des boutons, un simple geste suffit et c’est vraiment bien foutu.

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Alors, le verdict ?

Le bilan est assez mitigé. Esthétiquement parlant, le MX3 s’en sort plutôt bien malgré sa coque en plastique. Les spécifications techniques ne sont pas en reste, c’est du haut de gamme. En revanche, l’absence de la 4G pose problème. Pour le moment, seules les grandes villes ont droit au très haut débit mobile, c’est un fait, mais la situation risque de beaucoup changer dans les années qui viennent. Et quand on achète un smartphone, ce n’est pas pour le changer au bout de quelques mois.

Ceci étant, le Meizu MX3 a un avantage de taille : son prix. Il effectivement proposé sous la barre des 500 euros pour le modèle de base, équipé de 16 Go de mémoire interne, soit une centaine d’euros de moins que la plupart des « superphones » du marché.

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