Propagation d’infox sur le coronavirus : Facebook prend une décision radicale

Actuellement, l’épidémie de coronavirus fait partie des sujets chauds dans le monde à tel point qu’il n’est pas rare de trouver une large propagation d’informations sur la maladie sur les réseaux sociaux. Sauf que la majorité d’entre elles sont des canulars. Justement, alors que l’épidémie de coronavirus a attisé une certaine méfiance envers les Chinois, alimentée par les fausses allégations répandues en ligne, le manque d’informations sur le commencement de l’épidémie dans la ville de Wuhan, en Chine, et corroborées par les théoriciens du complot, Facebook a décidé de prendre une décision radicale.

En effet, le samedi 1er février 2020, Reuters rapporte que Facebook compte éliminer la désinformation sur sa plateforme en supprimant les publications sur le coronavirus qui comportent « de fausses allégations ou des théories du complot signalées par les principales organisations de santé mondiales et les autorités sanitaires locales ».

Facebook

Le plus grand réseau social du monde affirme effectivement dans un article de blog que de tels contenus allaient à l’encontre de sa politique contre la désinformation et conduisent également à des dommages physiques.

Une mesure disruptive

Selon Reuters, cette décision de Facebook est pour le moins inhabituelle en ce sens que, en règle générale, Facebook gérait les publications contenant de fausses informations sur la santé en restreignant leur parution dans les résultats de recherche et la publicité, mais ne les supprimait pas pour autant.

Cette fois-ci, la plateforme de réseautage a ainsi choisi de prendre une décision plutôt radicale. Une mesure que l’on ne retrouve pas chez les autres plateformes numériques américaines comme YouTube, Twitter ou encore Reddit qui ne considèrent pas les informations erronées sur la santé comme une violation de leurs politiques.

Néanmoins, les réseaux sociaux chinois comme TikTok et WeChat adoptent la même approche que Facebook. De son côté, TikTok a indiqué à Reuters que sa plateforme interdit la désinformation sur la santé et supprime activement le faux contenu portant sur le coronavirus. Idem pour WeChat qui a déclaré que la société supprimait les messages contenant des infox sur le coronavirus.

La Chine critiquée pour sa manière de gérer la crise

Les autorités sanitaires chinoises ont déclaré à Reuters que près de 12 000 personnes ont été infectées en Chine et qu’il y avait plus de 130 cas signalés dans au moins 25 autres pays et régions.

Toutefois, le site de vérification de faits PolitiFact a indiqué l’existence d’une large diffusion de fausses informations sur le coronavirus en ligne qui comprend des canulars sur la provenance de la maladie, sa propagation, son traitement et même des théories du complot qui lient le virus à la guerre biologique et au gouvernement chinois.

Ces infox se sont rapidement propagés sur les réseaux sociaux chinois, mais malgré la rapidité de ces derniers à supprimer les contenus sensibles, ces rumeurs ont attisé les critiques sur la manière dont le gouvernement chinois gère la crise.

Malgré tout, les informations en Chine sont très étroitement contrôlées et les lois chinoises stipulent que les auteurs de rumeurs risquent plusieurs années d’emprisonnement. Le souci, c’est qu’en plus d’inquiéter la population chinoise, cette épidémie mal connue et sa propagation en dehors des frontières chinoises suscite l’inquiétude du monde entier et a même nui aux déplacements et affaires commerciales en Chine.