Proxima Centauri abrite peut-être une deuxième planète

Proxima Centauri, une naine rouge située à 4,2 années-lumière de la Terre, est considérée comme l’étoile la plus proche du soleil. En 2016, des astronomes ont découvert qu’une exoplanète ayant presque la même taille que la Terre tournait autour de l’étoile dans la « zone habitable ». L’exoplanète a été appelée Proxima b.

Maintenant, une nouvelle étude suggère qu’il y aurait également une deuxième planète en orbite autour de Proxima Centauri, Proxima c.

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Pour découvrir la présence de Proxima b, les astronomes avaient analysé des données sur la vitesse radiale, accumulées au cours de nombreuses années. Ces données ont été obtenues grâce aux instruments dénommés HARPS pour High Accuracy Radial Velocity Planet Searcher, et UVES pour Ultraviolet and Visual Echelle Spectrograph, installés sur des télescopes au Chili qui sont opérés par l’ESO ou European Southern Observatory.

A l’époque, l’équipe menée par Guillem Anglada-Escudé du Queen Mary University de Londres n’avait remarqué aucun signe pouvant révéler la présence d’une deuxième planète tournant autour de Proxima Centauri. Toutefois, ils ne pouvaient pas totalement exclure cette possibilité.

La découverte de Proxima c

Selon la nouvelle étude menée par Mario Damasso et Fabio Del Sordo, et qui a été publiée dans le journal Science Advances le 15 janvier dernier, les chercheurs ont réexaminé les observations faites par les instruments HARPS et UVES, et ont en même temps analysé de nouvelles données provenant de HARPS. Ils ont utilisé les anciennes données pour retracer le spectre lumineux de Proxima Centauri au cours du temps, et pour détecter des oscillations régulières, signes de la présence d’une planète inconnue.

D’après les chercheurs, le travail a été très dur puisque les mesures faites avec HARPS et UVES s’étendaient sur 17 ans et demi. Cependant, le résultat a abouti sur la découverte potentielle d’une planète ayant une masse 6 fois supérieure à celle de la Terre.

Proxima c peut ainsi être classée dans la catégorie des super-Terres.

D’après les données, la planète effectue un tour complet de son étoile en 5,2 années terrestres, ce qui n’est pas très encourageant en ce qui concerne la présence de la vie.

Pas propice à la vie

D’après les explications de Damasso qui travaille à l’Observatoire d’Astrophysique de Turin, compte tenu de la faible luminosité émise par l’étoile et du rayon orbital de la planète, celle-ci reçoit une très faible quantité de lumière et de chaleur. De plus, selon les estimations, la température moyenne de la planète serait de -233° C, ce qui à première vue n’est pas du tout propice à la vie. Du moins pas telle que nous la connaissons.

Les scientifiques Damasso et Del Sordo ont toutefois fait remarquer qu’il est difficile de discuter de l’habitabilité ou pas d’une planète avec les nombreux facteurs à considérer et le manque d’information. De plus, il est toujours possible qu’une planète se trouvant en dehors de la zone habitable puisse abriter de la vie telle que nous la connaissons.

Il y a par exemple les cas d’Europe, une lune de Jupiter et d’Encélade, un satellite de Saturne, qui sont couverts d’une plaque de glace, mais qui possèdent un océan souterrain d’eau liquide. Un océan susceptible de soutenir la vie.

En général, lorsqu’on parle d’habitabilité, on se réfère à ce que nous pouvons voir sur Terre, toutefois, comme le disent les scientifiques, rien ne dit que les mondes extraterrestres utilisent la même biochimie que celle qu’on trouve sur notre planète.

Selon les chercheurs, il faudra encore d’autres mesures pour pouvoir confirmer l’existence de Proxima c. Idéalement, l’information manquante pourrait provenir de l’engin spatial Gaia qui est opéré par l’ESA ou European Space Agency.

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