Publicités ciblées : Twitter commet une erreur et permet aux annonceurs de trouver des utilisateurs et groupes extrémistes

Twitter, qui est déjà sous le feu des critiques pour son manque de contrôle concernant les discours de haine, a une nouvelle fois commis une faute sur la gestion de sa plateforme et plus précisément, des publicités ciblées émises par les annonceurs. Pour rappel, le réseau social à l’oiseau bleu a instauré une politique interdisant les comportements haineux. Par exemple, la promotion de la violence, les offenses directes faites à une personne sur sa race, sa religion, son orientation sexuelle ou d’autres spécificités entrent dans cette catégorie.

Malgré cela, la BBC a rapporté le jeudi 16 janvier 2020 qu’il existe une faille de taille sur la plateforme de réseautage qui permet aux annonceurs de cibler et d’atteindre les utilisateurs ayant recherché ou posté des tweets comportant les mots « transphobe », « suprémacistes blancs », ou encore « anti-gay ».

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Selon CNet, le média a même révélé qu’une campagne publicitaire utilisant les mots-clés « islamophobie », « islamophobe » et le hashtag #islamophobic a peut-être réussi à atteindre 114.000 utilisateurs de Twitter.

Jusqu’à 81.000 utilisateurs seraient intéressés par le terme « néo-nazi » au Royaume-Uni

Rappelons que Twitter dispose effectivement d’outils qui permettent aux annonceurs de diriger des annonces spécifiques vers un utilisateur en fonction de ses centres d’intérêt et de ses activités sur la plateforme de réseautage et même de voir les mots-clés qu’ils utilisent. Pourtant la liste des mots-clés admissibles devrait être restreinte, mais la BBC a découvert que le terme « néo-nazi », par exemple, pouvait faire apparaître une audience allant de 67.000 à 81.000 utilisateurs rien qu’au Royaume-Uni.

Face à ce problème, Twitter a annoncé que des politiques avaient déjà été mises en place pour empêcher les abus du ciblage par mots-clés. Le souci serait que ces politiques n’ont pas été correctement appliquées. L’entreprise a ainsi expliqué que :

Les mesures préventives comprennent l’interdiction de certains termes sensibles ou discriminatoires que nous mettons à jour sur une base continue. Dans ce cas-ci, certains de ces termes ont été autorisés à des fins de ciblage. Il s’agit d’une erreur. Nous sommes désolés que cela se soit produit et dès que nous avons été informés du problème, nous l’avons corrigé.

Les extrémistes continuent apparemment d’exister sur les réseaux sociaux

Ce n’est pas la première fois que Twitter est confronté à ce genre de problème. En novembre 2019, une dizaine de militants des droits civiques ont fait un rassemblement devant le siège de l’entreprise à San Francisco, et ont remis une pétition signée par 110.000 personnes, pour exiger de Twitter qu’il interdise les suprémacistes blancs sur la plateforme.

Par ailleurs, il s’avère qu’il n’y a pas que Twitter qui connaît des difficultés dans la gestion et le contrôle des publicités sur sa plateforme. En 2019, le Los Angeles Times a indiqué que sur Facebook, des annonceurs pouvaient cibler les personnes intéressés par les auteurs de l’Holocauste, comme Joseph Goebbels, Josef Mengele et Heinrich Himmler. Les réseaux sociaux ont ainsi encore du chemin à faire pour faire de leur plateforme numérique respective, un lieu exempt de toute discrimination.

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