QAnon, la conspiration bizarre qui prend de plus en plus d’ampleur en ligne

Nos libertés, nos propriétés, notre mode de vie et puis surtout nos jobs, bref tout l’héritage que nous ont légué les pères fondateurs risque de partir en fumée si on ne fait pas quelque chose. Voilà à peu près ce qui se trame dans la tête des adeptes de thèses conspirationnistes américaines.

Ces personnes brandissent toutes des discours alarmistes et paranoïaques selon lesquels leurs libertés seraient plus que jamais menacées.

Seulement, deux camps s’affrontent. Il y a ceux qui s’accrochent au rôle du Gouvernement dans la protection de l’héritage des pères fondateurs. L’autre camp estime au contraire que le Gouvernement est la principale menace contre les libertés.

Ce second camp s’attaque aussi et surtout aux médias, ces derniers étant mis dans le même sac que les pouvoirs publics.

Trump, le personnage idéal pour populariser QAnon

Trump est-il paranoïaque ? La question importe peu. Le président semble en revanche exercer une certaine fascination auprès des adeptes des thèses conspirationnistes et des partisans du protectionnisme.

Il suffit d’ailleurs de s’intéresser à son programme pour s’en rendre compte. Donald Trump semble en effet s’adresser aux électeurs inquiets de voir les Mexicains voler le travail de leurs enfants ou les immigrants musulmans menacer la sécurité de leurs pays.

Depuis sa campagne, le président n’a pas manqué de s’en prendre à plusieurs reprises à ses prédécesseurs, certes, mais aussi et surtout à l’Establishment. Le milliardaire s’en est beaucoup pris aux médias et il n’a pas hésité à mettre en doute à plusieurs reprises la fiabilité des informations relayées par les chaînes ou les journaux n’allant pas dans son sens, donnant de ce fait un peu plus de matière aux partisans des thèses conspirationnistes.

Tout le monde en a pris pour son grade, notamment le Washington Post et le New York Times.

Les théories les plus folles signées QAnon

Les adeptes des QAnon, de leur côté, publient régulièrement des contenus vidéo ou écrivent des articles pour étayer les théories les plus loufoques.

Par exemple, selon eux, personne n’aurait survécu au massacre de Parkland : les survivants seraient des « acteurs. » Sans surprise, les membres de QAnon prétendent que les démocrates, notamment Barack Obama, Hillary Clinton ou Soros, gagneraient des fortunes grâce au trafic d’enfants.

Curieusement, QAnon s’attaque aussi au président Trump. Le milliardaire aurait selon eux volontairement fait semblant de collaborer avec les Russes pendant la campagne.

Le but ? Recruter Robert Mueller comme conseiller spécial. Le hic pour QAnon est que Mueller jouerait double jeu. Il serait également selon certaines de leurs théories un des pions que les démocrates mobiliseraient pour avoir le 45e président des États-Unis sous leur coupe.

Reste que ce mouvement aux contours opaques semble prendre de plus en plus d’importance aux États-Unis. Ses adeptes n’hésitent en effet plus à parader publiquement avec leurs tee-shirts signés “We Are Q”, notamment lors des meetings de Donald Trump et de ses partisans.

Des origines troubles

Il semblerait cependant que QAnon trouve ses origines dans une oeuvre littéraire publiée à la fin des années 90. Situé par Luther Blissett, il suit les aventures d’un personnage vivant à l’époque de la Réforme.

Alors qu’il tente d’allumer les braises de la rébellion, il se retrouve subitement confronté à un espion envoyé par le Vatican, un certain Q.

BuzzFeed a établi un parallèle entre cette oeuvre et QAnon, sans pour autant être en mesure de prouver l’existence d’un quelconque lien entre les deux. Pour le moment, tout ce que l’on sait, c’est que les premiers messages du collectif ont été publiés sur 4chan avant de se répandre sur Reddit.