Quand des chercheurs vous demandent de jouer à un jeu vidéo pour les aider à mieux comprendre les effets d’une guerre nucléaire

Des scientifiques ont conçu un jeu vidéo appelé SIGNAL, pour « Strategic Interaction Game between Nuclear Armed Lands ». Il s’agit d’un jeu de stratégie en ligne qui simule les enjeux de chaque décision prise dans une guerre nucléaire. C’est une approche qui date de la guerre froide.

Les dirigeants politiques et militaires américains avaient réalisé des centaines de simulations pour prévoir comment une guerre pourrait se dérouler.

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SIGNAL permettra de collecter des données scientifiques. Le jeu se déroule dans un environnement mettant en scène d’une terrible guerre nucléaire. En observant les joueurs, les chercheurs peuvent apprendre davantage sur la réaction et la décision humaines face à ce genre de conflit.

La quantité de données recueillies dépendra du nombre de participants à l’expérience.

« Le wargame expérimental est un outil supplémentaire pour les chercheurs. Les données recueillies peuvent servir à générer une théorie pour une étude plus approfondie », ont déclaré les chercheurs.

Une expérience politico-militaire

SIGNAL a été développé dans le cadre du PoNG, pour « Project on Nuclear Gaming ». Le programme est assuré par une équipe constituée de chercheurs de l’Université de Californie, du « Lawrence Livermore National Laboratory » et du « Sandia National Laboratory ».

« SIGNAL offre l’opportunité d’une expérience politico-militaire à laquelle chaque joueur peut agir selon ses convictions. Les données démographiques des joueurs et leur niveau de connaissance nucléaire concernant les armes nucléaires, les effets des armes, la stratégie militaire et la diplomatie seront recueillis », ont-ils ajouté.

L’équipe a l’intention de faire parvenir les résultats aux dirigeants du monde

Le jeu se déroule sur une carte du monde où chaque joueur peut voir ce que les autres font. Ils prennent le contrôle d’un pays fictif qui entre en interaction avec d’autres. Le but est de marquer des points en développant l’infrastructure du pays choisi, en rassemblant des ressources et en se défendant contre toute attaque.

Comme dans la réalité, les joueurs peuvent se parler ouvertement les uns avec les autres ou négocier dans des messages privés. Chaque tour commence par la « phase de signalisation », où le joueur est informé sur les autres pays et évalue les circonstances. Il n’a pas besoin d’expliquer ses actes, mais il peut construire, déployer des troupes, ou même lancer une bombe nucléaire.

Des négociations et beaucoup de pression

Dans le jeu, les négociations sont au rendez-vous. Par exemple, un joueur peut déposer un drapeau de signalisation sur une ville appartenant à son adversaire et exiger une rançon sinon le territoire sera atomisé.

Chaque phase d’action ne doit pas dépasser 45 secondes et l’effet de la pression risque de mener à la perte.

« Techniquement, les conséquences nucléaires sont très faibles, mais cela fait partie du jeu. Les joueurs doivent conclure toutes sortes d’accords sur l’utilisation d’une arme nucléaire, depuis la politique initiale de non-utilisation jusqu’au désarmement. Le but est de se débarrasser complètement de leurs capacités nucléaires », a expliqué l’équipe du PoNG.