Quand des scientifiques créent par erreur une nouvelle espèce de poisson

Les expériences scientifiques peuvent parfois aboutir à des résultats surprenants. Alors qu’ils ne s’y attendaient pas, des chercheurs hongrois ont créé une nouvelle espèce de poisson. Cet accomplissement a fait l’objet d’une étude publiée en mai 2020 dans la revue scientifique Genes.

Ces chercheurs hongrois ont créé la surprise lorsqu’ils ont annoncé avoir créé un hybride à mi-chemin entre l’esturgeon russe et le poisson spatulaire d’Amérique du Nord. Ces poissons d’eau douce font partie des espèces les plus anciennes à être apparues sur Terre et entrent dans la catégorie des « poissons fossiles. »

Crédits Pixabay

L’hybride créé par ces scientifiques hongrois a été baptisé « studdlefish », qui est une contraction des noms anglais de l’esturgeon et du poisson spatulaire, à savoir « sturgeon » et « paddlefish. »

Une espèce obtenue par gynogenèse

Avant la création de cette espèce, les scientifiques ont toujours pensé qu’il était impossible d’accoupler l’esturgeon et le poisson spatulaire.

« J’ai vérifié deux fois quand je l’ai vu. Je n’y croyais pas. Je pensais que l’hybridation entre l’esturgeon et le poisson spatulaire était inenvisageable » a expliqué Solomon Davis, un chercheur du Nicholls State University, en Louisiane, aux États-Unis.

Ces deux poissons d’eau douce sont des espèces menacées. Les chercheurs ont élevé certains d’entre eux en captivité pour les protéger et tenter de perpétuer leur espèce. Avec l’aide de son équipe, Attila Mozsar, chercheur principal au sein de l’Institut de recherche pour la pêche et l’aquaculture, en Hongrie, a eu recours à la gynogenèse sur les femelles de l’esturgeon, sans savoir que cela aller donner naissance à un poisson hybride.

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Une expérience qui a abouti à la création d’une centaine d’hybrides

La gynogenèse est une technique de reproduction répandue dans l’aquaculture. Elle consiste à se servir du sperme d’autres espèces de poisson pour activer l’ovule de la femelle. Les spermatozoïdes ne font que stimuler le développement de l’œuf, qui ne gardera que les chromosomes maternels. Ce mode de reproduction asexuée n’induit aucun apport d’hérédité paternelle.

Dans le cas de la gynogenèse effectuée par ces chercheurs hongrois, les choses ne se sont pas passées comme prévu. En effet, le sperme du poisson spatulaire utilisé durant la gynogenèse a réussi à féconder l’ovule de l’esturgeon.

« Nous n’avons jamais voulu jouer avec l’hybridation. C’était absolument involontaire » a souligné Attila Mozsar.

Au total, les scientifiques ont obtenu une centaine de studdlefish.

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