Quand Facebook aide le FBI à coincer un pédophile… grâce à un outil de piratage

Grâce à Facebook, le FBI est parvenu à mettre la main sur un prédateur sexuel. Le géant des réseaux sociaux a en effet décidé de mettre la main à la pâte pour aider les autorités à coincer un homme qui traque et harcèle les jeunes filles sur sa plateforme.

Selon un rapport publié le 10 juin dernier par Motherboard, cela fait des années que le FBI essaie de coincer Buster Hernandez. Sous le pseudonyme de « Brian Kil », ce dernier est parvenu à longtemps sévir en incognito sur le web : cela en utilisant le système d’exploitation sécurisé Tails pour cacher sa véritable adresse IP et masquer ainsi sa véritable identité.

(Crédits Pixabay)

Pour protéger ses utilisateurs, Facebook a décidé de prendre les devants en faisant appel à une société de cybersécurité pour développer un outil de piratage. L’outil a ensuite été remis au FBI pour que ses agents puissent pirater les comptes et l’ordinateur de Brian Kil.

Arrêter le prédateur à tout prix

Ce n’est pas tous les jours que Facebook aide les autorités à traquer un de ses utilisateurs. Comme l’explique un porte-parole du réseau social, il s’agit d’un cas unique qui vise à protéger sa communauté : « [Buster Hernandez] utilisait des méthodes tellement sophistiquées pour cacher son identité […] Nous avons pris la mesure extraordinaire de travailler avec des experts en sécurité pour aider le FBI à le traduire en justice ».

Selon les informations rapportées par Motherboard l’outil de piratage commandé par Facebook exploite une faille dans le lecteur vidéo de Tails pour mettre à jour la véritable adresse IP de l’internaute en train de visionner une vidéo.

En collaboration avec une victime, le FBI a ensuite utilisé l’outil pour piéger Hernandez en lui envoyant une vidéo piratée. Cela a permis de coincer et de condamner le criminel qui a plaidé coupable de 41 chefs d’accusation en février dernier.

À lire aussi : Facebook sous le feu des critiques

Des questions d’éthique se posent

Si Facebook a agi pour une cause noble, son initiative ne fait cependant pas l’unanimité. La société a notamment connu des divergences d’opinions au sein même de son personnel. Son équipe de sécurité était particulièrement divisée sur le sujet : certains estiment en effet que même si les actes de Buster Hernandez étaient odieux, ce n’est pas à Facebook de le traquer, et encore moins d’utiliser un outil de piratage pour le faire.

Pour ceux qui s’inquiètent quant à la sécurisation de leurs données personnelles, Facebook a assuré que l’outil de piratage n’a été utilisé que pour attraper Hernandez. « Il n’y avait absolument aucun risque pour les utilisateurs », a assuré le porte-parole. « Nous n’aurions jamais entrepris cette action si cela aurait affecté quelqu’un d’autre. Puisqu’il n’y avait pas de risques pour la vie privée de nos utilisateurs, et que l’impact humain était si important, [nous pensons] que nous avons pris la bonne décision ».

À lire aussi : Facebook n’affichera plus les publicités des médias travaillant pour le compte d’états

Mots-clés facebookfbi