Quand Google Earth aide les chercheurs à prévoir l’apparition de maladies tropicales

On estime qu’environ 200 millions de personnes souffrent de schistosomiase (bilharziose) à travers le monde. Après le paludisme, elle est la deuxième endémie parasitaire mondiale. Cette maladie chronique est provoquée par des vers parasites et se contracte généralement après que les individus soient entrés en contact avec des eaux contaminées.

Récemment, une équipe de scientifiques venant des universités de Washington et de Stanford s’est penchée sur le cas de cette maladie et a essayé de déterminer quelles étaient les régions présentant de fortes transmissions de schistosomiases au Sénégal pour faciliter le travail des organismes de santé publique sur place.

Google ,Earth

Pour les aider dans leur étude, ils ont mis à contribution Google Earth.

Des vers parasites qui se développent en eaux douces

Bien qu’elle soit traitable, la schistosomiase entraîne chaque année la mort d’environ 280 000 personnes dans le monde. Si vous avez été attentif en cours de science naturelle, vous en savez certainement un peu sur cette maladie tropicale. Dans le contraire, un petit cours de rappel s’impose !

Le schistosoma, un ver parasite, est à l’origine de cette maladie. Celui-ci se sert des gastéropodes d’eau douce pour se multiplier. Ses larves sont ensuite libérées dans l’eau. L’infection se manifeste lorsque ces larves pénètrent dans la peau des personnes qui entrent en contact avec l’eau contaminée.

Des zones à risque

En se servant des images capturées par les satellites avec lesquels travaille Google Earth, les scientifiques ont passé au crible plus de 30 sites de la région nord-ouest du Sénégal où les habitants utilisent les lacs et les rivières pour prendre leur bain, nager ou encore laver leur linge. Pendant plus de deux ans, ils ont étudié tous les escargots qu’ils ont trouvés sur chacun de ces sites et ont collecté des échantillons de boue et de plantes retrouvées en eaux douces.

En se basant sur le fait que les gastéropodes d’eaux douces prospéraient surtout dans des végétations flottantes non racinées, les scientifiques ont élaboré, à partir de Google Earth, une cartographie qui montre les endroits où on retrouve le plus ce type de végétations.

Ces images aériennes ont été mises à disposition des organismes de santé publique du Sénégal qui pourront désormais cibler les villages concernés pour prévenir la propagation de cette maladie.

A noter que ce n’est pas la première fois que Google Earth rend service aux scientifiques, bien au contraire.

Mots-clés googlegoogle earth