Quand la CIA utilisait des pigeons-espions en pleine Guerre Froide

La CIA a expérimenté durant la Guerre Froide de nombreuses techniques pour garder un oeil sur ses opposants. L’une d’elles consistait à utiliser des pigeons-espions, et donc des pigeons spécialement dressés pour des missions clandestines à destination de sites situés dans l’Union soviétique.

Déclassifiée récemment, cette mission un peu particulière avait donc pour but de dresser des pigeons et de les envoyer voler au-dessus de certains sites russes sensibles.

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La CIA pensait en effet que ces animaux présentaient toutes les qualités requises pour faire de bons espions.

La CIA a utilisé des pigeons pour espionner les Russes

L’opération, baptisée Tacana, consistait donc à sélectionner des pigeons et à les dresser afin de les faire survoler des sites russes. Chaque animal portait un appareil photo miniaturisé, un appareil dont le déclenchement pouvait être configuré à l’avance.

D’après la BBC, la CIA aurait travaillé pendant plusieurs années sur cette opération spécial. Le projet trouverait en effet ses origines dans les années 60 et il aurait en outre été expérimenté sur plusieurs animaux.

Il ne s’agissait d’ailleurs pas de la seule mission impliquant des animaux. En réalité, la CIA a exploré de nombreuses pistes. L’agence aurait même formé des corbeaux pour livrer de petits objets de 40 grammes à ses agents infiltrés. D’autres essais incluaient également des oiseaux migrateurs équipés de capteurs capables de détecter les armes chimiques.

Et c’est sans parler de ce fameux système d’écoute évoqué dans cet article, un système qui devait être directement intégré à des chats et qui était censé permettre à la CIA d’obtenir des informations confidentielles sur les agents russes présents sur le terrain.

Des caméras miniatures qui coûtaient 2000 $ pièce

Mais les documents déclassifiés de la CIA ne se contentent pas d’évoquer l’opération Tacana. Ils donnent aussi des détails sur les dispositifs utilisés. Les pigeons étaient ainsi équipés d’un harnais de 5 grammes sur lequel était accrochée une caméra miniature. D’un poids total de 35 grammes, cette dernière coûtait environ 2000 $ – une fortune à l’époque – et elle était capable de prendre des photos extrêmement nettes. Bien plus que les images capturées par les satellites-espions de l’époque.

En revanche, la technique avait ses limites. Sur les 140 images que pouvait contenir un rouleau de cette caméra, seule la moitié étaient réellement exploitables par l’agence.

Toujours selon les documents cités par la BBC, les pigeons étaient expédiés à Moscou avant d’être déployés sur place. La CIA avait d’ailleurs étudié plusieurs manières de les libérer, certaines incluant même de cacher des volatiles sous le manteau d’un agent.

Ce que les documents ne disent pas, cependant, c’est quelles missions ont réellement été accomplies par les pigeons. Ils citent simplement un chantier naval de Leningrad, un chantier dans lequel étaient construits les sous-marins russes, mais ils ne donnent pas plus de détails.

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