Quand l’analyse d’une momie royale révèle que le pharaon en question avait été exécuté mais pas assassiné dans son sommeil

Nouvelles donnes concernant la cause de la mort du pharaon Seqenenre, le pharaon qui gouvernait la haute-Égypte aux environs du XVIe siècle av-J.C. En effet, contrairement à ce que l’on croyait, le pharaon aurait finalement été exécuté, pour ensuite recevoir les dernières attentions avant qu’il ne soit ramené à Thèbes.

Pour information, l’on pensait jusqu’ici que le pharaon Seqenenre était la victime d’un complot et qu’il avait été assassiné dans son sommeil dans son palais de Thèbes. Mais les récentes analyses dévoilent que le monarque aurait plutôt été tué après avoir été capturé au cours d’une bataille sur le front.

Photo d’Andrew Martin. Crédits Pixabay

De récents scans et l’observation de la momie permettent selon les chercheurs de déduire que le pharaon n’est pas décédé alors qu’il dormait. Un autre fait en faveur de cette nouvelle théorie, sa dépouille n’a pas été traitée dans les conditions habituelles des embaumeurs de Thèbes.

De nouveaux indices pour expliquer la mort de ce Pharaon

D’un côté, si l’on revient sur la première théorie, les marques de blessures mortelles trouvées sur le visage du pharaon, en l’occurrence des os écrasés et éclatés sur la partie gauche de son visage, suggéreraient aux archéologues que Seqenenre était peut-être en position endormie sur le côté droit quand il a reçu le (ou les) coup fatal. D’où la théorie selon laquelle le dirigeant de la haute-Égypte aurait été assassiné par ses serviteurs dans son sommeil.

Mais de l’autre côté, avec les récentes découvertes, réalisées grâce à un scanner de la momie royale, une théorie qui vient contredire la première a vu le jour. Ainsi, le pharaon Seqenenre aurait plutôt été exécuté par Hyksos – un groupe qui tenait la basse-Égypte sous son joug à l’époque – après qu’il ait été capturé.

Cette théorie est corroborée par les résultats des analyses médicales, faisant état d’une momie en partie désarticulée et nettement moins préservée que si elle avait été embaumée dans les conditions optimales et très minutieuses de Thèbes.

Un coup fatal porté de haut en bas alors qu’il avait les mains liées dans le dos

Les récents scans par tomodensimètrie ont ainsi révélé des blessures explicites montrant que Seqenenre a été frappé sur le côté gauche, mais de haut en bas, comme s’il était à genoux. Les poignets et les bras du pharaon ne comportant aucune trace de coups reçus,  il n’a donc pas pu les utiliser pour se protéger.

Fait intéressant, les poignets de Seqenenre étaient fléchis, suggérant que ceux-ci étaient liés derrière son dos et les derniers mouvements de convulsion, et la pétrification des muscles a laissé les poignets dans cet état.

La reconstitution des tissus abimés avant la momification était tellement méticuleuse que cela en devient sûr que ceux qui ont procédé à la reconstruction et à la momification sont bien des professionnels appliqués. Toutefois, le corps n’a pu être momifié qu’après les premiers stades de décomposition. Ce qui suggère que la momification de cette dépouille royale a dû se faire loin de Thèbes, mais par des spécialistes malgré tout.

Les résultats de ces travaux ont été récemment publiés dans Frontiers in Medecine.