Quand les abeilles se mettent aussi au recyclage

L’abeille découpeuse de feuille, du genre Megachile, est un spécimen assez particulier. Elle se sert de diverses matières trouvées dans la nature, principalement les feuilles, pour construire son nid. Pour ce faire, elle va alors y prélever des pièces de forme arrondie, aisément reconnaissables.

En observant le comportement actuel des abeilles Megachile, le docteur Joseph Wilson, spécialiste en écologie à l’Université de l’Utah, et ses collaborateurs affirment qu’elles commencent à utiliser les matières plastiques pour construire leur nid.

Photo de David Hablützel. Crédits Pixabay

L’équipe de chercheurs indique ainsi que ces insectes utilisent maintenant des pièces prélevées sur les bandes de marquage faites en plastique employées dans la construction et l’agriculture pour bâtir leurs nids.

Une telle adaptation doit être observée et sérieusement considérée, selon les chercheurs, car elle affecte de manière dangereuse la vie et l’existence même de l’espèce.

L’abeille découpeuse de feuilles s’adapte à son environnement

Normalement, les abeilles Megachile construisent leurs nids en pleine nature, dans de petites cavités qu’elles trouvent à même le sol ou dans les arbres. Si elles habitent en forêt, leurs nids seraient alors fabriqués avec des matériaux naturels. Ceci étant, quand elles habitent dans un environnement fortement modelé par l’homme, elles vont faire avec ce qu’elles trouvent pour construire leurs nids.

Wilson et son équipe ont ainsi présenté les preuves que les abeilles Megachile se servent de feuilles en plastique glanées un peu partout pour construire leurs nids dans ce dernier cas. En effet, les chercheurs ont découvert des formes arrondies découpées, similaires à celles laissées par des abeilles Megachile, sur des bandes de marquage traînant sur différents sites.

Le plastique est cependant loin d’être inoffensif pour ces abeilles

Même si cette adaptation paraît inoffensive, voire positive puisque ces abeilles recyclent nos plastiques à leurs propres fins, à bien y regarder, les choses sont un peu plus compliquées.

En fait, la qualité des matériaux utilisés pour la construction du nid est très importante. Ainsi, contrairement aux matériaux naturels, le plastique ne respire pas et va donc retenir l’humidité et empêcher les échanges de gaz. Et c’est un souci, car quand le nid est humide, les champignons se développent et une grande partie des larves de Megachile n’arrive pas à survivre.

Pour répondre à cette problématique écologique, constituée par les bandes de marquage en plastique, l’équipe préconise de les substituer par des rubans en fibre naturelle. De cette manière, les abeilles ne courront plus à une mort certaine même si elles les utilisent, d’autant que c’est biodégradable.