Quand les archéologues débunkent les théories du complot sur fond d’extraterrestres

Rendus mondialement populaires à travers des séries sci-fi comme X-Files et Stargate, les théories conspirationnistes attribuant la construction de nombreuses structures antiques aux aliens, et autres êtres venus d’ailleurs, continuent d’alimenter l’imagination de beaucoup de gens.

Mais que valent vraiment ces théories ? Et dans quelle mesure peut on y accorder crédit face aux preuves issues d’une démarche scientifique valable, notamment celles produites par l’archéologie ?

Quand les archéologistes débunkent les théories du complot sur fond d'extraterrestres

Crédits pixabay.com

A l’occasion du Mois de la sensibilisation à l’archéologie et au patrimoine de l’Arizona, Matthew Peeples, professeur d’archéologie nous en dit un peu plus pour décrypter le vrai du faux dans toute cette histoire, sur fond d’analyse des arguments de la pseudoscience.

Non, les scientifiques ne sont pas des cachottiers

L’idée est assez répandue, les archéologues camoufleraient souvent, et ce de manière active, la vérité sur les choses. Ils feraient même partie d’une vaste opération visant à cacher beaucoup de choses au grand public.

Face à ces accusations, Peeples répond que l’archéologie n’est pas une science figée. Les archéologues, en bons scientifiques qu’ils sont, aiment tester et confronter leurs idées sur le passé, à la lumière de nouvelles découvertes et des nouvelles données qu’ils ont à disposition.

Ce qui au final, revient à dire qu’en fonction des preuves qu’ils ont à disposition, il se peut que les hypothèses et les explications viennent se compléter, voire changer, selon que des éléments nouveaux viennent les étayer ou même les contredire. Pour autant, cela ne signifie pas qu’ils veulent cacher des choses.

L’exemple des pétroglyphes de Deer Valley en Arizona

Les pétroglyphes sont ces inscriptions gravées dans la roche, les plus célèbres exemples sont les inscriptions gravées sur le sol du plateau de Nazca, montrant des figures géantes d’oiseaux, d’animaux et de lignes géométriques.

Dans le cadre d’une étude, Peeples et un groupe d’élèves se sont penchés sur un pétroglyphe situé dans la réserve de Deer Valley. Les inscriptions présentes sur le rocher montraient en effet le dessin de ce qui est considéré comme un navire européen, ce qui a conduit aux rumeurs d’une visite de l’Amérique par des Européens bien avant sa découverte par Christophe Colomb, et des incursions des Vikings. L’âge de la roche étant assez avancé pour permettre de le penser.

En analysant les inscriptions, l’équipe a pu déterminer que soit des ajouts ultérieurs ont pollué le dessin d’origine, soit l’interprétation était exagérée pour se figurer que c’était le dessin d’un navire qui y était représenté.

En conclusion, le scientifique met en garde contre les idées pseudoscientifiques qui attribuent à tort leurs raisonnements à  diverses explications, telles que des extraterrestres construisant les pyramides. Pour la plupart, ce ne sont que des façades et seules les méthodes scientifiques éprouvées permettent d’étayer et de prouver les raisons véritables.