Quand les tiny houses deviennent un symbole de résistance

L’expression tiny house fait penser à la sobriété ou simplicité volontaire. Pour les Amérindiens de la Nation autochtone de Secwepemc, les tiny houses sont devenues un symbole de résistance.

Le mouvement des micromaisons est né d’un constat dans le secteur immobilier aux États-Unis. La taille moyenne d’une maison familiale en 2007 était de 230 m². La hausse est nette si on fait la comparaison avec les 165 m² des années 70. La taille des maisons a augmenté, alors que celle des familles américaines connaissait le phénomène inverse. Les tiny houses ont ainsi été l’étendard d’un mouvement social et architectural qui prône la sobriété volontaire. Elles consistent en de petites habitations d’environ 30 m² chacune. Leur but est de réduire l’empreinte sur l’environnement.

Une tiny house
Crédits Pixabay

Au Canada, les micromaisons sont depuis quelques années une arme de lutte pour les populations amérindiennes. Les Tiny House Warriors en ont fait un moyen d’expression contre l’accaparation des terres ancestrales.

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Protester contre la colonisation pétrolifère

Le réseau de pipelines Trans Mountain permet de transporter, à travers les Rocheuses, le pétrole de l’Alberta à la côte de la Colombie-Britannique. En 2016, le gouvernement canadien a autorisé Kinder Morgan à agrandir le réseau. Ce projet d’agrandissement comprend la construction de plus de 500 km de pipeline sur les terres de la Nation autochtone de Secwepemc. La contestation des Tiny House Warriors part de cette décision.

« Il ne s’agit pas de protester dans les rues. Nous revendiquons notre droit inhérent, donné par Dieu, sur nos terres. Nous défendons ce qui nous appartient, et les petites maisons sont notre façon de le faire », faisait savoir la cheffe du mouvement Kanahus Manuel, il y a deux ans. Elle a d’ailleurs eu l’idée de recourir aux tiny houses. Les micromaisons constituaient pour la militante l’outil idéal pour s’opposer au pipeline qui menaçait de profaner les terres sacrées de ses ancêtres.

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Une noble cause soutenue par des aides financières

Dans un premier temps, les Tiny House Warriors – essentiellement composés de femmes – avaient prévu de placer leurs petites habitations à des endroits stratégiques le long du tracé du pipeline. Mais au final, les combattantes se sont installées près du camp des travailleurs du projet d’expansion. Elles dénoncent également la présence de ces camps d’hommes de l’industrie pétrolière. Cela entraînerait une augmentation de la violence à l’encontre des femmes autochtones.

Les micromaisons sont plus que des hébergements pour les Tiny House Warriors et leurs familles. Quelques-unes des habitations sont des salles de classe pour l’apprentissage de la langue traditionnelle des Secwepemc. Kanahus Manuel et son mouvement bénéficient du soutien de Greenpeace. Les risques de pollution et d’empoisonnement sont inhérents à la construction d’un pipeline. Malgré leur taille réduite, les tiny houses sont chères à fabriquer. Le budget nécessaire pour ce type de maison est en moyenne d’environ 4 000 euros. La cheffe des Tiny House Warriors invite tout le monde à les soutenir financièrement.