Quand Mars faisait face à des tempêtes de pluie intenses et destructrices

Mars est souvent représentée comme une planète déserte et hostile, mais nous savons grâce aux efforts conjoints de nos chercheurs que cela n’a pas toujours été le cas. En réalité, dans son lointain passé, Mars était une planète assez proche de la nôtre. Et nous savons désormais qu’elle était même souvent confrontée à des épisodes pluvieux… assez intenses.

Ce sont en tout cas les conclusions de Gaia Stucky de Quay, une planétologue travaillant pour l’Université du Texas.

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Mars se trouve au centre de toutes les attentions depuis plusieurs décennies. Après avoir mis un pied sur la Lune, l’humanité aspire désormais à fonder une colonie sur la planète rouge.

Mars, une planète qui n’a pas toujours été un désert

Si cette idée a pendant longtemps été assimilée à de la science-fiction, ce n’est plus le cas à présent. Grâce aux progrès faits par la NASA, l’ESA, la JAXA, mais également les entreprises privées telles que SpaceX, Mars se trouve désormais à notre portée.

Mais avant de pouvoir nous installer durablement sur place, nous devons commencer par mieux comprendre la planète. Ce qui passe par l’étude de son lointain passé.

Gaia Stucky de Quay a justement mené une nouvelle étude portant sur le climat de la planète rouge, une étude se focalisant sur une période allant de 3,5 à 4 milliards d’années en arrière.

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Des lacs et des canaux qui en disent long sur l’histoire de Mars

À cette époque, Mars était en effet très différente de la planète que nous connaissons et elle était ainsi en partie recouverte d’eau. La Rouge comptait ainsi de nombreux lacs, mais également des canaux qui serpentaient à sa surface et qui en faisaient une planète plus propice à la vie.

Or justement, si l’on en croit l’étude menée par Gaia Stucky de Quay et ses collaborateurs, alors ces lacs et ces canaux n’étaient pas uniquement alimentés par la fonte des neiges. Mars subissait également des épisodes pluvieux, des épisodes parfois très intenses.

Pour en venir à cette conclusion, les chercheurs se sont appuyés sur les images satellitaires et topographiques de pas moins de 96 bassins lacustres. En les observant et en les analysant à l’aide d’algorithmes, l’équipe a réalisé que certains de ces bassins étaient très différents des autres. En réalité, les images ont montré que plusieurs bassins lacustres s’étaient violemment rompus, sans doute à cause d’importants débordements d’eau.

Partant de ce constat, Gaia Stucky de Quay et ses collègues ont tenté d’estimer la quantité de précipitations nécessaires pour remplir les bassins intacts sans les percer tout en débordant les bassins ouverts.

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Des tempêtes d’une violence inouïe

Et c’est là que les choses commencent à devenir intéressantes. Après avoir monté plusieurs simulations et analysé leurs résultats, les chercheurs en ont déduit qu’une tempête martienne pouvait durer des jours et voir tomber entre 4 et 159 mètres de précipitations.

À titre de comparaison, en mars de cette année, Nantes a vu tomber 109,6 mm de précipitation sur toute la durée du mois, avec des pointes à 46 mm par jour.

D’après les résultats de cette étude, Mars était donc en proie à des tempêtes d’une violence inouïe, des tempêtes qui ont pour beaucoup contribué à façonner ses reliefs et dont on voit encore les traces aujourd’hui, plusieurs milliards d’années plus tard.

L’étude complète est disponible à cette adresse.

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